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Dans quel état est votre discours?

Peu importe le dossier que vous avez à gérer comme direction d'école, on cherche à assurer (c'est la finalité de toute action de supervision) une cohérence entre le discours et les pratiques que l'on est chargé de superviser.

On peut, à cet effet, se remérorer notre schéma général de supervision.

Pour dire qu'un discours est passé dans les pratiques et qu'il n'a donc plus besoin que d'une supervision d'entretien, il faut qu'il soit passé par chacune des sept étapes ci-dessous. Un dossier en cours d'implantation ou un dossier problématique est donc quelque part entre l'étape 1 et l'étape 7 ci-dessous.

Dans quel état est le discours que vous avez à superviser (qu'il s'agisse de planification, des TIC, des manuels scolaires, du respect des programmes, du projet éducatif, des règlements ou de tout dossier faisant partie de la vie de l'école)? Posez-vous successivement les 7 questions ci-dessous. Tant que vous répondez oui, passez à la question suivante. La première fois que vous répondrez non, cela signifie que le discours en question est rendu ou est bloqué à cette étape. On trouvera alors, dans les colonnes de droite, des pistes d'actions à entreprendre pour faire passer le discours à l'étape suivante, généralement dans le cadre d'un plan d'action ou de travail.

Vous trouverez ensuite une liste d'indicateurs permettant de situer un discours donné à l'un ou l'autre des sept échelons.


Le discours que vous avez à superviser est-il...

 


Indicateurs de l'état du discours:

Le discours est défini si:

  • Je puis me référer à des principes clairs.
  • Ces principes me permettent de distinguer les pratiques souhaitables des autres.
  • Ces principes ont été confrontés à des sources externes.
  • Ces principes ont été réactualisés dans un passé récent.

Le discours n'est pas défini si:

  • Je dois me référer à des arguments d'autorité ou de"bon sens".
  • Le poids de la tradition est déterminant.
  • Je suis souvent incapable de déterminer si une pratique est meilleure qu'une autre.
  • L'opinion que j'ai de l'enseignant est déterminante dans le jugement que je porte sur ses pratiques.

Le discours est énoncé si:

  • Des directives formelles encadrent les pratiques.
  • Les directives se réfèrent explicitement aux principes.
  • Un nouvel enseignant est clairement informé de ce qui se fait et de ce qui ne se fait pas, et pourquoi.
  • Les directives se retrouvent dans un document permanent (politique, guide, etc.).

Le discours n'est pas énoncé si:

  • Il n'y a pas de document permanent (politique, guide du personnel, etc.) précisant ce qu'il convient de faire.
  • Je prend pour acquis que chaque enseignant sait ce qu'il a à faire.
  • Un nouvel enseignant doit apprendre sur le tas ce qui est acceptable ou non dans mon école.

Le discours est entériné si:

  • Les politiques ont l'appui des instances supérieures (direction générale, conseil, etc.).
  • Les politiques administratives sont harmonisées avec les politiques pédagogiques.
  • Les ressources et outils nécessaires à l'application des politiques sont disponibles.
  • Les demandes favorables à l'application des politiques reçoivent un accueil favorable et un suivi adéquat.

Le discours n'est pas entériné si:

  • Des dispositions administratives (politiques d'autres services, conventions collectives, etc.) contredisent des éléments des politiques.
  • Les enseignants peuvent obtenir par-dessus ma tête des arbitrages contredisant les politiques.
  • Les demandes découlant de l'application des politiques se heurtent constamment à des contraintes administratives ou budgétaires.

Le discours est affirmé si:

  • Je m'y réfère régulièrement dans mes interventions auprès des enseignants.
  • J'insiste pour qu'il soit pratiqué.
  • Je n'hésite pas à le défendre au nom des principes qui le sous-tendent.

Le discours n'est pas affirmé si:

  • Je laisse les gens libres de le pratiquer ou non.
  • Je le négocie à la baisse pour éviter les tensions.
  • Je suis incapable de le justifier autrement que par son existence même.

Le discours est compris si:

  • Les termes et concepts sont employés de façon univoque par tout le monde.
  • Les enseignants ont été habilités à utiliser les outils nécessaires.
  • Les enseignants savent clairement ce qui est attendu d'eux.

Le discours n'est pas compris si:

  • De bonne foi, des pratiques contraires au discours persistent.
  • De bonne foi, les enseignants se disent incapables de faire ce que l'on attend d'eux.
  • Les enseignants sont incapables d'expliquer les politiques aux élèves et aux parents.

Le discours est accepté si:

  • Les difficultés d'application portent sur les modalités et le échéances et non sur le bien-fondé des exigences.
  • Les enseignants demandent du feed-back sur leurs pratiques et du support pour leur application.
  • Les contestataires sont peu nombreux et n'ont pas d'audience significative.

Le discours n'est pas accepté si:

  • Il divise les enseignants et provoque des tensions entre eux.
  • Plusieurs enseignants s'estiment être des cas particuliers qui devraient obtenir des dérogations.
  • Certains enseignants le contestent ouvertement sans s'en sentir mal à l'aise et sans être objets de réprobation par leurs collègues.

Le discours est pratiqué si:

  • Des mécanismes formels de vérification et de contrôle existent.
  • Des indicateurs concrets permettent d'évaluer les pratiques et de détecter le succès de leur application.
  • Le succès des pratiques conformes garantit leur application à long terme.
  • Les enseignants ne "reviendraient pas en arrière".

Le discours n'est pas pratiqué si:

  • La confiance dans le professionalisme de mon personnel constitue mon principal indicateur.
  • Je suis incapable de discerner des secteurs où l'application est meilleure que dans d'autres.
  • Des enseignants obtiennent des dérogations liées à leur personne et non à leur matière.
  • J'ai l'impression de porter le discours à bout de bras et que, si je cessais, tout redeviendrait très vite comme avant.