Pour les parents: la vie de la classe
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Que fait mon enfant à l'école? - LA VIE DE LA CLASSE

Ce texte a été produit à la demande et avec le financement de la commission scolaire de la Capitale.


La patinoire

Les règles du jeu dépendent du terrain. Ce ne sont pas les mêmes sur une patinoire et sur un terrain de football.

Chez vous, c'est pareil: vous n'aurez pas les mêmes règles si votre famille vit dans un appartement avec des voisins au-dessus et en dessous ou si vous vivez à la campagne où le plus proche voisin est à un kilomètre.

Si la vie dans la classe a des règles particulières, c'est parce que c'est un lieu particulier, avec des caractéristiques particulières. À preuve, les règles peuvent changer si l'on est au gymnase, au laboratoire, à la bibliothèque ou dans la cour.

Examinons un peu les caractéristiques de cette patinoire particulière qu'est une classe. Bien sûr, c'est d'abord un local, avec une porte, des fenêtres, un tableau, des bureaux et des chaises. Mais sur le plan social, quelle sorte de lieu est la classe?


La classe fait partie de l'école

Et donc, toutes les règles valables pour toute l'école s'appliquent en classe. Tout comme les lois valables pour toute la société s'appliquent aussi pour toute l'école.

De plus, il y a d'autres classes à côté ou en face: il faut vivre en bon voisinage et ne pas se déranger.
 

Finalement, il y a des services communs qui doivent être partagés entre toutes les classes: bibliothèque, cafétéria, cour de récréation, salle d'informatique, etc. Il faut planifier leur utilisation: les horaires et les règles particulières à ces locaux sont là pour ça.


La classe est un lieu sécuritaire

Vous confiez vos enfants à l'école et l'école s'en rend responsable. Vous devez avoir l'assurance que les risques d'accidents et de blessures sont réduits au minimum et que l'environnement dans lequel ils se trouvent est sain.

Voilà pourquoi il faut respecter des règles relatives à la propreté, aux déplacements, à la tenue vestimentaire. Quand on interdit, par exemple, à un élève de courir ou de lancer des objets ou quand on exige qu'il porte une tenue particulière au gymnase ou au laboratoire, quand on lui impose certaines procédures pour utiliser le matériel, ce n'est pas pour le brimer: c'est pour la santé et la sécurité de tout le monde.


La classe est un lieu civilisé

Un lieu civilisé, pour dire les choses simplement, c'est un lieu où les gens se respectent, dans leur personne et dans leur propriété.

La violence, verbale aussi bien que physique, n'a pas sa place dans un lieu civilisé. On a le droit, comme tout le monde, d'avoir des émotions, d'être frustré et même d'éprouver de la colère; mais on doit les exprimer de façon acceptable pour les autres.

Tout le monde comprendra qu'il y ait des règles contre le tiraillage, le harcèlement ou les bagarres. Mais le respect ne concerne pas seulement la personne physique: cela concerne aussi sa dignité. Et voilà pourquoi il y a des règles sur la politesse, le langage employé, les attitudes racistes, la vie privée.

Quant au respect de la propriété, cela signifie tout simplement qu'on ne se sert pas des choses des autres sans leur permission.


La classe est un lieu communautaire

Sauf pour les effets personnels de l'élève, la classe et les objets qui s'y trouvent servent à tout le monde.

La malpropreté, la négligence, le gaspillage (sans parler du vol ou du vandalisme) font que, nécessairement, quelqu'un d'autre ou tout le groupe sera privé d'un local, d'un livre, d'un appareil propre et en bon état.

Voilà pourquoi il y a des règles qui concernent le respect de l'environnement, le soin à apporter au matériel et, parfois, des procédures pour l'emprunter ou s'en servir.


La classe est un lieu organisé

Contrairement à une plage ou à un centre commercial, la classe n'est pas un lieu où chacun fait sa petite affaire sans se préoccuper des autres. C'est un lieu où l'on a des tâches à faire, un temps pour le faire, un rôle à jouer. À la fin d'une période, il ne suffit pas d'avoir passé le temps ou d'avoir eu du plaisir: il faut avoir obtenu des résultats.

Alors, il y a des directives, des échéances, des horaires, du matériel à avoir en sa possession, un climat de travail; on parle chacun à son tour et pas tout le monde ensemble et on respecte les consignes.

Sinon, la classe va ressembler à une plage ou à un centre commercial...


La classe est un lieu d'apprentissage

C'est même la raison d'être de la classe.

Alors, pas question de faire ce que l'on veut "à condition de ne pas déranger"... comme certains élèves aimeraient bien le faire. On doit faire ce qu'il faut pour apprendre: faire les travaux demandés, étudier ses leçons, écouter les explications, participer aux activités.

Et, bien sûr, tout le monde dans la classe doit apprendre. Alors l'élève qui bavarde, qui intervient à tort et à travers, qui fait du bruit..., non seulement cet élève n'apprend pas, mais il empêche les autres d'apprendre.

Si cet élève ne veut pas apprendre, on peut l'y pousser, mais on ne peut pas l'y forcer, bien sûr. Mais on peut l'empêcher d'empêcher les autres d'apprendre. Ça, il faut qu'il l'apprenne. Sinon, il se disqualifie de l'équipe.


La classe est un lieu de responsabilité

Se socialiser, c'est d'abord apprendre à se prendre en charge soi-même.

Pour cela, il faut s'organiser, planifier, s'imposer une discipline personnelle. Et ne pas toujours attendre les rappels à l'ordre ou, pire encore, les punitions.

Être responsable de sa santé, c'est faire de la prévention: ne pas attendre d'être malade avant de mener une vie saine. Être responsable de son apprentissage, c'est aussi faire de la prévention: organiser son temps et son espace, planifier son travail, régler ses problèmes à mesure, demander des explications quand on n'a pas compris (mais après avoir écouté!), respecter ses engagements.


On résume!

Les règles dépendent du contexte. Les règles de vie en classe découlent du fait que la classe est un lieu:


Les joueurs

En classe, les joueurs, ce sont, bien sûr, les élèves.

Ils sont tous différents, avec chacun leurs talents, leur caractère, leurs intérêts. Ce qui les réunit, l'espace d'une année scolaire, c'est qu'ils portent le chandail de la même équipe.

Il ne s'agit pas de les rendre tous pareils. Il s'agit de les faire travailler tous ensemble pour que tout le monde y trouve son compte et que l'équipe gagne.

Chaque élève a un rôle à jouer! Lequel?


Les quatre commandements

Essentiellement, on demande quatre choses à l'élève pour qu'il puisse trouver son compte au sein d'une classe qui fonctionne:

Tout un programme, n'est-ce pas?

En fait, ce sont les quatre étapes de l'apprentissage de la vie en société.

Et ces étapes ont ceci de particulier qu'elles sont hiérarchiques: on ne peut pas vraiment en maîtriser une tant qu'on n'a pas maîtrisé celles qui précèdent. Par exemple, on ne peut pas vraiment s'améliorer si on fait ses petites affaires tout seul dans son coin, si on prend toujours plus que l'on donne ou, pire encore, si on empêche les autres de travailler.

Voyons donc chacune de ces étapes dans l'ordre.


Ne pas nuire

Rares sont les élèves méchants qui veulent délibérément faire du tort. Quand des problèmes de comportement se posent, c'est habituellement que l'élève veut faire quelque chose qui lui tente (ou refuse de faire quelque chose qui ne lui tente pas) et qu'il n'est pas conscient des effets que cela a sur les autres.

 Par exemple, s'il choisit de terminer une conversation dans la cour de récréation après le son de la cloche, il pense spontanément que ce n'est pas grave d'arriver en retard au cours: "y a rien là!". S'il réalisait que ce retard donne du travail à la secrétaire qui devra lui faire un billet et va interrompre le cours de l'enseignant, il y réfléchirait davantage. Et s'il réalisait que, si tout le monde faisait comme lui, le cours ne pourrait jamais commencer, il comprendrait peut-être qu'"il y a quelque chose là".

C'est à cela que servent les règles: à éliminer les comportements qui font du tort, même si on ne veut pas délibérément faire du tort.
On peut respecter les règles de façon aveugle ("la loi, c'est la loi") ou par peur des punitions; mais on peut aussi les respecter de façon intelligente en se posant, avant de faire ce qui nous tente, les deux questions suivantes:

Le respect des règles, c'est la première étape vers la responsabilité.


Ne pas être un fardeau

Être un fardeau, c'est prendre plus que sa juste part. C'est imposer aux autres de faire pour nous ce que nous devrions faire nous-mêmes.

L'élève qui n'écoute pas les explications en classe ou ne lit pas les directives et qui, ensuite, demande à l'enseignant de le dépanner, cet élève ne "dérange" pas directement; mais il abuse du système. En fait, il demande un traitement de faveur.

L'enseignant n'a pas le temps de donner des explications privées à chacun: voilà pourquoi il donne un cours. Les explications privées, c'est pour ceux qui n'ont pas compris; pas pour ceux qui n'ont pas écouté.

Apprendre à ne pas être un fardeau, c'est d'abord faire ce que l'on a à faire, se prendre en charge, s'aider soi-même, devenir autonome.

On y parvient graduellement en se posant, avant de faire appel à d'autres, les questions suivantes:

L'autonomie, c'est la deuxième étape vers la responsabilité.


Apporter sa contribution

Vivre en société, c'est aussi échanger, se rendre utile, rendre service.

Bref, ne pas être simplement un consommateur passif de services, mais aussi un producteur actif. Faire sa part.

Quand on est un élève en classe, cela veut dire participer au travail de tout le monde, poser des questions, accepter des responsabilités, se porter volontaire pour une tâche, donner son opinion. Un entraîneur dirait: "passer la rondelle".

Une classe, c'est comme l'économie: plus il y a d'échanges, plus chacun y trouve son compte. Quand chacun s'asseoit sur sa richesse, il n'y a que les banques qui en profitent.
Et surtout, quand on participe, on vient de se donner des droits. Les absents ont toujours tort.

L'élève apprend graduellement à participer en se posant les questions suivantes:

La participation, c'est la troisième étape vers la responsabilité.


S'améliorer

Finalement, la vie de la classe ne dure qu'un temps: le temps de l'année scolaire. C'est important qu'elle fonctionne bien le temps qu'elle dure. Mais ce qui compte vraiment, c'est ce que cette expérience de vie donne à l'élève pour plus tard. Sinon, c'est à recommencer chaque année.

Ce qui compte vraiment, ce n'est pas d'avoir tenu son agenda à jour ou d'avoir été choisi chef d'équipe. Ce qui compte vraiment, c'est de s'être servi de ces expériences pour développer de grandes habiletés sociales qui permettront à l'élève, toute sa vie, de fonctionner harmonieusement en société. Dans n'importe quelle classe, dans n'importe quelle équipe ou (plus tard) dans n'importe quelle entreprise.

Apprendre à travailler en équipe, à résoudre ses conflits, à se fixer des objectifs, à réaliser des projets collectifs, à prendre sa place, à respecter ses engagements, à s'entraider: voilà la vraie raison de la vie de la classe. Si on y parvient, on a non seulement une classe fonctionnelle; on a une classe éducative. Une équipe gagnante!

L'élève y parvient graduellement en se posant les questions suivantes:

Le souci de s'améliorer constamment, c'est la dernière étape de la responsabilité.


Aider votre enfant

Comment pouvez-vous aider votre enfant à mieux fonctionner en classe?

La réponse va peut-être vous surprendre: d'abord et avant tout en lui apprenant à bien fonctionner en famille.

Ce sont les mêmes habiletés sociales qui permettent de fonctionner dans une famille, dans une classe ou dans une entreprise.

Si l'enfant n'apprend pas, à la maison, à observer des règles, à respecter les autres, à ranger ses affaires, à faire sa part de tâches; s'il considère que tout lui est dû et qu'il peut faire tout ce qui lui plaît; si vous lui épargnez toujours les conséquences de ses actes, il va avoir l'impression, en arrivant en classe, de tomber sur une autre planète. Et sans combinaison spatiale!

La vie à la maison et la vie en classe sont, dans la pratique, bien différentes. Mais les principes, eux (les quatre commandements), sont exactement les mêmes:

En un mot: prends tes responsabilités.


Les règles du jeu

Contrairement au hockey, où un joueur a des partenaires et des adversaires, en classe, il n'y a pas d'adversaires contre qui gagner. Le but du jeu, c'est de n'avoir que des partenaires. La vie de la classe, c'est un jeu de coopération.

Au hockey, on gagne si l'on réussit à battre l'autre équipe. En classe, on gagne si l'on réussit à former une équipe. Au hockey, chaque bon coup de l'adversaire est une mauvaise affaire pour nous. Dans une classe qui fonctionne, chaque bon coup de n'importe qui est une bonne affaire pour tout le monde. Et un mauvais coup, c'est de ne penser qu'à soi sans se préoccuper des autres.

Imaginez un boyau d'arrosage: chaque trou dans le boyau réduit la pression à l'autre bout. Si chacun fait son petit trou, plus rien ne sort à l'autre bout. On a un boyau percé. C'est parfait pour envoyer de l'eau partout; mais pour atteindre une cible, pour viser un objectif, il faudra repasser!


Les deux règles de base

Chaque école a ses règlements; chaque classe a ses règles de fonctionnement; chaque enseignant a ses exigences. Nous n'entrerons pas dans le détail de celles qui s'appliquent à votre enfant dans sa classe: l'important, c'est qu'elles soient connues d'avance, claires, raisonnables et qu'elles s'appliquent de la même façon pour tout le monde.

Nous nous intéresserons plutôt aux deux règles générales qui sont valables dans n'importe quelle classe et dans la société en général:


On récolte ce que l'on sème

Chaque acte que l'on fait a des conséquences (bonnes ou mauvaises): sinon, on ne le ferait pas. L'ennui, c'est que les conséquences ne viennent pas toujours tout de suite; on peut alors s'imaginer, pendant un certain temps, que l'on vit dans un monde magique où l'on peut tirer son épingle du jeu, l'échapper belle. Les jeunes disent: "s'en sauver", "ne pas se faire pogner".

Mais les conséquences nous rattrappent un jour. Tout se paie... mais pas toujours aussi vite qu'on l'avait prévu ou de la façon dont on l'avait prévu.

Vous pouvez mal vous alimenter pendant des années, mener une vie de barreau de chaise, fumer comme une cheminée, boire comme une éponge. Mais un jour, ce sera votre tour. On peut emprunter, vivre à crédit... pendant un certain temps; mais un jour, il faut passer à la caisse!

En classe, c'est pareil: un élève peut bien faire faire son travail par les autres... pendant un certain temps; un jour, plus personne ne veut travailler en équipe avec lui. Il peut bien ne pas étudier ses leçons ou ne pas faire ses devoirs... pendant un certain temps; un jour (habituellement celui de l'examen), il va récolter ce qu'il aura semé. Il aura vécu à crédit; et il paiera... avec les intérêts!


Prévoir les conséquences

Pour prévoir les conséquences, il faut pouvoir se projeter dans l'avenir; nos parents disaient "voir plus loin que le bout de son nez". L'ennui, c'est que le jeune (et l'enfant encore plus) vit spontanément et intensément dans le présent. L'avenir, c'est bien loin; on y verra plus tard!

À mesure qu'il vieillira, il apprendra graduellement à voir les liens entre maintenant et plus tard. On peut l'aider à faire cet apprentissage en le faisant fréquemment réfléchir à l'aide des deux questions suivantes:

Mais surtout, on peut l'aider en faisant en sorte que les conséquences viennent vite. Chaque fois que l'on "donne une chance", que l'on dit "la prochaine fois...", que l'on ferme les yeux, qu'on laisser aller, on remet à plus tard; on l'encourage à emprunter. On ne lui rend pas service.

Mais il y a une situation particulière où les conséquences ne viennent pas: quand les autres assument à notre place les conséquences de nos actes. Et, pour un enfant, c'est bien tentant de miser là-dessus.


La tentation de la loto!

Avoir des bonnes notes sans étudier, arriver en retard sans faire de retenue, bavarder en classe sans me faire punir, laisser traîner les choses et que quelqu'un d'autre fasse le ménage, c'est évidemment le billet gagnant pour moi. Comme à la loto, c'est bien tentant: "Tout d'un coup...". Mais à la loto, pour que je gagne, il faut que d'autres perdent. Si je joue ma vie en société comme à la loto, il faut que je me trouve des "bonnes poires" qui vont accepter de perdre pour que je gagne.

La loto, c'est un jeu où, dans l'ensemble, tout le monde perd: ceux qui gagnent le font au détriment des autres. Alors que dans la vie de la classe, on vise autre chose: que tout le monde gagne.

Chaque fois que l'on redonne des explications à un enfant qui n'a pas écouté, que l'on ramasse ses affaires, que l'on répare ses dégâts, qu'on livre la marchandise quand il ne la livre pas, on transforme la vie de la classe en tirage de loto. On ne rend service à personne.

Cela nous amène à notre deuxième grande règle de la vie en société: la réciprocité.


Coopérer

Un peu d'arithmétique.

Quand on fait chacun ses affaires dans son coin (ou pire, encore, en exploitant les autres) les résultats s'additionnent.

Si deux personnes se répartissent chacun 10 points, peu importe comment ils le font, le total donnera toujours 10:

10+0, 9+1, 8+2 , 7+3, 6+4, 5+5... le résultat est toujours le même.

Mais quand on coopère, les résultats se multiplient:

Examinons la série suivante, et on verra que les résultats ne sont pas toujours les mêmes:

10x0=0

9x1=9

8x2=16

7x3=21

6x4=24

5x5=25

Quelles conclusions peut-on en tirer?


Dans une équipe, coopérer, c'est payant!

10x0=0

Quand, dans une équipe, il y a un gagnant et un perdant, l'équipe perd.

5x5=25

Dans une équipe, même si chacun gagne moins, l'équipe est plus gagnante qu'un individu tout seul.

Et quand il y en a un des deux qui a plus que l'autre, l'équipe gagne moins, au total:

8x2=16

Coopérer, c'est payant. Mais ça ne marche qu'à une seule condition: que chacun y trouve son compte. Parce quand on multiplie, le sort de l'autre influence le nôtre. "Pour le meilleur et pour le pire".


Les conditions de la coopération

Pour coopérer, il faut savoir compter intelligemment. Il ne faut pas seulement compter ce que je gagne, mais aussi ce que l'autre gagne, puisque les deux sont liés. Et chercher un équilibre entre les deux..

Il ne faut pas que je cherche à gagner: il faut que je cherche à avoir ma juste part, ni plus, ni moins. Pour cela, il faut sortir de soi-même; il faut pouvoir se mettre à la place des autres.

Cela n'est pas naturel, même pour les adultes; c'est encore bien moins naturel pour l'enfant. Spontanément, il ramène tout à sa précieuse personne, même si, à long terme, il travaille contre ses intérêts. Apprendre à coopérer (et donc à se décentrer de soi-même), c'est l'apprentissage de toute une vie. Mais l'enfant peut déja commencer à l'apprendre: c'est d'ailleurs le but essentiel de la socialisation.

Et on peut l'aider en le faisant fréquemment réfléchir sur les questions suivantes:

Vous l'avez deviné, sans doute: on en revient à la réciprocité, qui est la base de la vie en société: "Traite les autres comme tu voudrais qu'ils te traitent". Ou, plus simplement, donnant-donnant.


Pour sortir de l'enfer

Vous connaissez peut-être cette vieille image de l'enfer: des gens attablés devant une soupe savoureuse, mais condamnés à essayer de la manger avec des cuillères d'un mètre de long.

Comment sortir de l'enfer?

En se donnant à manger les uns aux autres, tout simplement.

Donnant-donnant...


On résume!


L'entraîneur

L'enseignant, en classe, est souvent dans la situation injuste de l'entraîneur: quand le club gagne, c'est que les joueurs ont bien joué; quand le club perd, c'est de la faute de l'entraîneur!

En réalité, dans une classe, l'enseignant et le groupe d'élèves ont chacun un rôle précis à jouer. Ils se partagent un pouvoir: celui que la classe fonctionne. Si les pouvoirs coopèrent, la classe va fonctionner. S'ils s'opposent, si l'un des deux abuse de son pouvoir ou ne l'exerce pas, s'il essaie d'exercer le pouvoir à la place de l'autre, le club va se mettre à perdre.

Heureusement ou malheureusement, aucun enseignant n'a un pouvoir absolu sur sa classe. Et donc, l'enseignant ne peut pas être tenu responsable de tout ce qui se passe en classe.

Où commence et où s'arrête le pouvoir (et donc la responsabilité) de l'enseignant en classe?


Le pouvoir de l'enseignant

L'enseignant a, tout comme un gouvernement, deux types de pouvoir:

L'élève a, tout comme le peuple, le pouvoir de participer ou pas, de payer ses impôts ou de travailler au noir, de voter pour ou de voter contre; c'est un pouvoir d'adhésion.

Un enseignant tout seul peut bien prendre toutes les initiatives et tous les moyens de contrôle qu'on voudra: si l'élève "ne veut rien savoir"... eh bien! c'est exactement ce qui va se passer: l'élève ne saura rien. Le dernier mot, c'est l'élève qui l'aura. Parce que le travail important à faire en classe (apprendre), c'est lui qui le fait. Ou pas. Pas l'enseignant. L'enseignant ne peut pas le faire pour lui.

Cela dit, l'enseignant a un travail important à faire pour créer des conditions propices.


Les conditions propices

Essentiellement, une classe qui fonctionne, c'est une classe qui est structurée et motivante.

Une classe structurée, c'est une classe où:

Une classe motivante, c'est une classe où:

Dans votre famille, si elle fonctionne, c'est probablement aussi de cette façon que ça se passe.


Une grosse famille

Tout comme vous, l'enseignant est un être humain avec ses qualités et ses défauts, son caractère, ses sensibilités, son style, ses lacunes et sa bonne volonté.

Mais, à la différence de vous, sa "famille", en classe, c'est une grosse famille monoparentale de 25 ou 30 élèves.

S'il veut être juste pour tout le monde, il doit consacrer d'abord son attention au groupe et partager ensuite ce qui reste entre chaque élève.

Il ne peut pas donner à un élève la même attention que vous donnez à votre enfant. S'il lui arrive de le faire, ce sera un "spécial", et pendant un court moment seulement. Tout comme le parent n'est pas un prof du soir, l'enseignant n'est pas un parent du jour...


Alors, que peut-on attendre d'un enseignant en classe?

Sur le plan de l'apprentissage, on s'attend qu'il connaisse sa matière, qu'il prépare bien ses cours, qu'il couvre son programme, qu'il donne des explications claires, qu'il aide l'élève à apprendre et que ses évaluations soient justes. Bref, qu'il "donne son cours".

Mais, en ce qui concerne la vie de la classe (c'est-à-dire dans les activités et dans la discipline), on peut attendre de lui qu'il soit un éducateur qu'il "fasse la classe" (comme on disait autrefois!), c'est-à-dire:


L'autorité

Jadis, le simple fait d'être parent donnait une autorité pratiquement absolue sur ses enfants. Les temps ont changé (vous en savez quelque chose): aujourd'hui, votre autorité de parent s'exerce à l'intérieur de certaines limites que la société considère comme raisonnables. Et c'est pareil pour toute autorité, y compris celle de l'enseignant.

Qu'est-ce qu'une autorité raisonnable? Le mot le dit: une autorité qui peut donner de bonnes raisons.

Autrefois, les raisons pouvaient parfois ressembler à:

Aujourd'hui, ce ne sont plus de bonnes raisons. Les bonnes raisons, ça ressemble plutôt à:


Éduquer, c'est socialiser!

Ce que ces bonnes raisons font ressortir, c'est que la classe (élèves et enseignants) forme un tout. Chaque partie a un petit pouvoir sur le tout et est responsable du tout.

D'où vient l'autorité de l'enseignant?

Non, ce n'est pas parce qu'il est un adulte ou parce qu'il est plus savant; et ce n'est pas non plus parce qu'il "a de l'autorité". Son autorité ne lui vient pas de lui-même: elle lui est seulement prêtée. Elle lui vient du fait que, dans la classe, au point de départ, il représente un tout plus vaste (la société) alors que chaque élève ne représente que lui-même.

Son rôle d'éducateur consiste à amener graduellement chaque élève, s'il le veut, à représenter lui aussi plus que lui-même. À tenir compte des autres et du groupe pour que tout le monde y trouve son compte. Bref, à se socialiser. À se donner de l'autorité.

Tant qu'un élève ne se préoccupe que de lui-même, c'est l'enseignant qui doit se préoccuper du groupe.

Si tout le monde se préoccupe du groupe, l'enseignant aura alors plus de temps pour se préoccuper de chacun.


Mais l'enseignant ne peut pas tout faire

Un entraîneur, on l'a vu souvent, peut prendre des joueurs ordinaires et en faire une équipe gagnante. Mais à une condition: qu'ils jouent en équipe et pour l'équipe.

Inversement, des vedettes qui se chicanent, qui jouent chacun pour soi, qui ne suivent pas le plan de match feront une équipe perdante.

Que fera un bon entraîneur? Ça dépend de ses joueurs.

Que feront de bons joueurs? Ça dépend de leur entraîneur.

Que fera une bonne équipe? Elle va gagner!


Vous ne pouvez pas attendre de l'enseignant...

Et vous ne pouvez pas attendre non plus que l'enseignant soit parfait: c'est un être humain, lui aussi, avec son style, son caractère, ses défauts et ses qualités. Il peut faire des erreurs.

Vous pouvez seulement lui demander qu'il soit raisonnable. C'est déjà beaucoup...

Et, comme parent, vous pouvez aussi l'aider. Comment?


Vous pouvez aider l'enseignant...

Pour qu'une classe fonctionne, il faut que tout le monde s'y mette.

Y compris vous!


Le banc des punitions

Coup de sifflet! INFRACTION!

Au hockey, quand une règle n'est pas respectée, la conséquence, c'est une punition. Si l'arbitre a vu l'infraction, bien sûr.

En classe, et dans la vie en général, ce n'est pas si simple. Heureusement!

Si l'élève n'a pas fait son devoir, ou s'il est arrivé en retard, ou s'il parle sans permission, peut-être qu'il a de bonnes raisons; peut-être que le dommage causé n'est pas trop grave et qu'un avertissement va suffire; peut-être que...

Et si on punit, est-ce que la punition est juste? est-ce qu'elle est éducative? est-ce qu'elle se compare aux punitions qu'on a déjà données pour ce genre d'infractions? Est-ce la première fois?

Ouf! Vous aurez compris que, quand l'enseignant donne une punition, c'est rarement automatique. Il doit se servir de son jugement.


Pourquoi des punitions?

Contrairement à ce que pensent souvent les élèves punis, le but de la punition n'est pas "d'écoeurer"! Une punition n'est jamais agréable, bien sûr; mais l'idée n'est pas de punir pour punir.

 L'idée, essentiellement, c'est:


La réparation des torts

L'élève qui commet une infraction cause du tort. Parfois, la victime est facile à identifier: tel camarade qui s'est fait voler sa calculatrice; tel enseignant qui s'est fait insulter. Parfois, la victime est moins visible: la secrétaire qui doit prendre du temps pour faire un appel aux parents; le concierge qui doit repeindre un mur barbouillé de graffiti. Et parfois encore, la victime c'est personne et tout le monde: le climat qui est moins agréable; le cours qui prend du retard; l'environnement qui se dégrade.

Voilà pourquoi une punition éducative va essayer (ce n'est pas toujours possible) d'avoir un rapport avec le tort qui a été causé. Pourquoi est-ce plus éducatif?

Imaginons un élève qui a accumulé les retards. Si on l'envoie en retenue copier 500 fois "Je ne serai plus en retard", il ne voit qu'une chose: qu'on "l'écoeure"; mais si, à la place, on l'envoie pendant une journée pédagogique donner un coup de main à la secrétaire en collant des enveloppes (et si on lui explique le rapport), il comprendra beaucoup mieux les conséquences de ses actes. Même si ça "l'écoeure"!


Réparer n'est pas tout

S'il suffisait de réparer, on pourrait vous voler votre voiture... à condition de vous la remettre; vous insulter... à condition de s'excuser ensuite. Vous voyez où ça mène: à la tentation de recommencer si on a l'impression que le jeu en vaut la chandelle. Mais ça ne fonctionne pas ainsi.

Si l'automobiliste s'imagine qu'il achète le droit de rouler trop vite à condition de payer ses contraventions, il verra, un jour, son permis suspendu. Accumuler les infractions, c'est, à terme, s'exclure de la route. Pour l'élève, c'est pareil: le but n'est pas de le faire payer (c'est seulement un moyen); le but, c'est qu'il ne recommence pas.

Voilà pourquoi une punition doit aller plus loin que de simplement réparer. Quand on emprunte, il ne faut pas seulement rembourser; il faut aussi payer les intérêts.

Mais des intérêts raisonnables, évidemment. Nous allons en dire un mot.


Qu'est-ce qu'une punition raisonnable?

Si votre enfant est suspendu de l'école parce qu'il est arrivé en retard, ce n'est pas raisonnable... sauf si c'est la 37e fois et qu'il y a eu bien des étapes avant.

Vous voyez: ce petit exemple nous montre qu'avant de juger, il faut tenir compte:

Mais il y a quand même quelques principes de base à respecter pour qu'une punition soit raisonnable; elle doit:


En détail

Les droits fondamentaux

Une punition qui fait usage de violence (physique ou morale), qui ridiculise l'élève, qui met en péril sa santé ou sa sécurité est clairement inacceptable, peu importe le contexte. Quand on punit, on ne se venge pas: on éduque.

De même, si l'élève ne sait pas pourquoi il est puni, la punition est inacceptable. Ce n'est pas à l'élève de le deviner: c'est à l'enseignant de le lui dire.

Le rapport avec l'infraction

Nous avons déjà vu qu'une punition qui a un lien avec l'infraction est plus éducative qu'une autre. Mais le rapport doit aussi concerner la gravité. Le principe de base est le suivant: plus l'infraction met en cause des choses importantes, plus elle est grave et donc, plus la punition sera sévère. Nous y reviendrons.

La justice

La science nous dit qu'une loi est valide si, dans des conditions semblables, les mêmes expériences donnent les mêmes résultats. L'eau bout à 100 degrés; c'est vrai pour n'importe quelle eau.

Les règles qui entraînent des punitions disent la même chose: tel comportement, dans un même contexte, doit amener le même genre de punition; c'est vrai pour n'importe qui. Sinon, la punition n'est pas juste.

La gravité

"Bof! c'est pas grave!»

On ne peut pas dire ça de tout. Ça dépend. De quoi?

Est-ce plus grave de tricher à un examen ou de traiter un camarade de "maudit chien sale"?

Pas facile, n'est-ce pas?

Il n'y a pas de livre de recettes pour classer toutes les infractions qu'un élève peut commettre dans une classe. Heureusement, sinon la discipline pourrait se gérer par ordinateur. C'est une affaire de jugement.

Mais l'enseignant, en exerçant son jugement, se sert habituellement de la question suivante: qu'est-ce que cette infraction met en cause?

L'intention

Un dernier élément qui doit entrer dans le jugement de l'enseignant qui applique une punition, c'est l'intention de l'élève au moment de l'infraction.

Ce n'est évidemment pas facile de juger des intentions. Au moment de la punition, l'élève va essayer de nous convaincre qu'il n'y a pas pensé ou qu'il ne l'a pas fait exprès. C'est humain: nous faisons pareil quand un policier nous colle une contravention!

Mais, quand l'enseignant peut se faire une idée raisonnable de l'intention de l'élève (ce n'est pas toujours possible), il se doit d'en tenir compte aussi. C'est l'une des choses qui distingue l'enseignant de l'ordinateur...


Et vous, comme parent?

Vous l'avez vu, l'enseignant qui doit punir un élève n'a pas la tâche facile: il doit tenir compte de tellement de choses!

Quand votre enfant a été puni à l'école, que pouvez-vous faire comme parent pour que cette punition soit éducative?

Si la punition vous paraît raisonnable (si elle vous semble respecter les principes que nous venons d'énoncer), laissez l'enseignant gérer le cas (sauf s'il vous demande explicitement votre collaboration) et ne vous en mêlez pas.

Mais cela ne vous empêche pas de discuter avec votre enfant pour le faire réfléchir, pour l'aider à comprendre le point de vue de l'enseignant, pour lui suggérer des moyens d'éviter ce genre de problèmes.

Et si la punition ne vous semble pas raisonnable ou si elle vous semble injuste?


Que faire?

D'abord, ne pas sauter aux conclusions.

Vous n'avez, au départ, que la version de votre enfant. Avant de prendre position ou d'intervenir en appelant à l'école, prenez le temps de vérifier et d'envisager que les choses aient pu se passer différemment. Votre enfant peut avoir embelli son rôle ou omis des détails simplement par peur de se faire disputer.

Mais il peut aussi avoir dit la vérité! Lui dire "Tu as sûrement fait quelque chose de pas correct pour avoir cette punition" est tout autant un préjugé que de dire "Ça ne se passera pas comme ça". Si vous tenez absolument à prendre position tout de suite, prenez au moins la précaution d'ajouter: "Si les choses se sont vraiment passées comme tu le dis."

Ensuite, suivre la filière.

Avant d'appeler les journaux, votre voisin le commissaire ou même la direction d'école, commencez par téléphoner à l'enseignant: c'est lui qui sait ce qui s'est passé. Les autres, s'ils le savent, ne le savent qu'indirectement.

En abordant l'enseignant, commencez par vérifier les faits; pas par juger. Comparez:

Ensuite, demandez à l'enseignant ses raisons: il y a peut-être un contexte que vous ignorez. Vous verrez ensuite comment il réagit à votre point de vue.

Et souvenez-vous: vous n'avez pas à être d'accord avec l'enseignant; vous avez seulement à vous demander s'il a été raisonnable. Si oui, il a fait son travail; laissez-le travailler en paix. Sinon, et sinon seulement, vous pourrez envisager de parler à la direction d'école.


Un dernier conseil en terminant

Si, au lieu d'intervenir vous-même, vous pouvez conseiller à votre enfant dans une démarche raisonnable où il réglera lui-même son problème (en demandant rendez-vous à son prof, en proposant lui-même une alternative ou en allant lui-même voir le directeur, par exemple), vous aurez alors agi non pas en avocat, mais en éducateur. Vous l'aurez éduqué à la responsabilité


On résume!


On résume tout:

 1

Dans une classe, le pouvoir est réparti entre un enseignant (qui un a un pouvoir d'initiative et de contrôle) et un groupe d'élèves (qui ont un pouvoir d'adhésion).

2

L'enseignant et les élèves doivent apprendre à coopérer, de façon que leur pouvoir serve positivement à l'ensemble de la classe.

3

La coopération exige que chacun joue son rôle et prenne ses responsabilités, en respectant des règles établies d'avance pour le bon fonctionnement de la classe.

4

La coopération consiste à recevoir et à apporter sa juste part au sein d'une classe.

5

La vie de la classe repose sur deux grands principes: assumer les conséquences de ses actes (responsabilité) et traiter les autres comme on veut qu'ils nous traitent (réciprocité).

6

Les règles qui permettent la coopération découlent de ce qu'est une classe: un lieu sécuritaire, civilisé, organisé, communautaire, d'apprentissage et de responsabilité.

 7

La discipline en classe existe non pas pour brimer l'élève, mais pour l'éduquer à la responsabilité et permettre au groupe de fonctionner en harmonie.

 8

Quand un élève ne respecte pas les règles de la vie de la classe, il commet une infraction. La gravité d'une infraction dépend du tort qu'elle cause, mais aussi de l'intention de l'élève et du contexte dans lequel elle a eu lieu.
  9 Les punitions qui découlent des infractions doivent être éducatives (réparer les torts), justes (se comparer à d'autres situations similaires) et dissusasives (empêcher de recommencer.

  10

Les punitions doivent être en rapport avec la gravité de l'infraction, avoir le plus possible un lien avec l'infraction, être raisonnables et respecter les droits fondamentaux de l'élève.

EN COMPLÉMENT: notre Foire aux questions sur l'apprentissage:

1

J'ai pour principe, comme parent, de ne pas me mêler des problèmes de comportement que mon enfant peut avoir à l'école. N'est-ce pas à l'école de s'en occuper?

C'est en général un bon principe, sauf si l'école vous demande votre collaboration. Ce n'est habituellement pas une bonne idée, par exemple, si votre enfant a été puni par l'école, d'en rajouter à la maison. L'enfant doit apprendre que des règles sont différentes selon le contexte. Si vous avez des ennuis avec l'impôt, on ne vous enlève pas votre permis de conduire!

Par contre, cela ne signifie pas que vous devez vous désintéresser de ce qui se passe à l'école. Discuter avec votre enfant, le conseiller, le faire réfléchir, voilà autant d'actions éducatives qu'un parent peut (et doit) faire. Sachez aussi que l'école a la responsabilité de vous informer (par une lettre, une cote au bulletin, une demande de signature) de certains aspects du comportement de votre enfant. Elle ne vous demande pas pour autant d'intervenir (sauf si le problème a sa source à la maison: retards, absences, devoirs non faits, par exemple).

2

L'enseignant qui met toute une classe en retenue est-il juste? Que faut-il penser des punitions collectives?

C'est une mesure dangereuse et, sauf circonstances exceptionnelles, elle est à éviter. Si l'on n'a pas la preuve que tous les élèves ont commis une infraction, il est certain que des innocents vont être punis et c'est inacceptable.

Par contre, certaines activités collectives exigent que tous les élèves se comportent de façon raisonnable. L'enseignant qui renonce à une sortie ou a une activité agréable parce que quelques élèves la paralysent n'inflige pas une punition collective: il ne fait que constater les conséquences du comportement irresponsable de quelques élèves. L'idéal serait qu'il puisse identifier et gérer séparément ces élèves. Mais, particulièrement quand l'infraction est anonyme, ce n'est pas toujours possible. Dans ce cas, c'est tout le groupe qui subit les conséquences.

Il faut aussi dire que, dans de tels cas, le groupe a une certaine responsabilité en se solidarisant, ne serait-ce que par son silence ou son inaction, des trouble-fête. Sans aller jusqu'à encourager la délation systématique, il faut constater que, quand on se solidarise d'actions qui nuisent à l'équipe, on se solidarise aussi des pertes de l'équipe.

3

À quoi sert de sortir un élève de classe? Est-ce l'éduquer que de l'empêcher ainsi d'apprendre?

L'enseignant qui expulse un élève de classe ne prend pas une mesure à l'égard de cet élève: il prend une mesure pour sauver son groupe. Quand un comportement d'un élève empêche le groupe de fonctionner, l'enseignant (qui doit toujours agir en urgence, ne l'oublions pas) privilégie le groupe plutôt que l'individu. Et il fait bien.

Cela dit, ce ne sont pas toutes les infractions qui empêchent vraiment le groupe de fonctionner. L'élève qui se fait expulser parce qu'il n'a pas fait son devoir, par exemple, est victime d'une expulsion abusive. S'il faut le punir, il faudrait chercher à le punir autrement qu'en le privant de cours. Il est malheureusement vrai que certains enseignants abusent de l'expulsion et en font une mesure courante alors que cela devrait être une mesure d'exception. Habituellement, les directeurs d'école connaissent ces enseignants et s'efforcent de les amener à plus de modération. La place normale de l'élève, c'est en classe; il ne faut pas l'oublier.

4

Les camarades de classe de mon enfant l'ont affublé d'un surnom pas très flatteur. Que puis-je faire pour l'aider?

Si le surnom, au lieu d'être une taquinerie acceptable, est vraiment dévalorisant et méchant, c'est un cas très clair de violence verbale et psychologique. L'enseignant, habituellement, ne tolérera pas qu'on l'emploie en sa présence. Mais il n'a évidemment aucun contrôle sur ce qui se passe, par exemple, dans l'autobus ou dans la cour de récréation.

C'est une situation d'exclusion toujours très difficile à vivre pour un enfant, et il n'y a pas de recette miracle contre la méchanceté dont peuvent faire preuve des enfants entre eux. Laissez votre enfant vous en parler, vous dire ce qu'il ressent, pleurer même. Après, pour lui, ce sera le long apprentissage de l'indifférence: ignorer, hausser les épaules. On cherche visiblement à le provoquer, à le faire réagir. S'il le fait, il joue le jeu. Parallèlement, se rapprocher de ses vrais amis aide toujours à traverser ces moments difficiles.

5

Dans la classe de mon enfant, tout le monde parlait à tort et à travers. L'enseignant s'est fâché et a menacé d'une punition "le prochain qui parlerait sans permission". Ce fut mon enfant. Est-ce juste qu'il soit le seul puni alors que les autres ont fait pareil ou pire avant?

C'est le cas classique de la "goutte d'eau qui fait déborder le vase". Dans cet exemple, votre enfant n'a pas d'excuse: l'avertissement de l'enseignant était formel, la règle du jeu était claire et il a été le premier à l'avoir transgressée. Qu'il avale sa pilule! Ce serait différent si l'enseignait "s'était tanné" et avait puni un élève au hasard, sans prendre le soin de préciser qu'il appliquerait, à partir de là, la règle de façon stricte.

6

L'enseignant demande que l'agenda et que tous les travaux des élèves soient signés tous les jours par leurs parents. Est-ce raisonnable?

Cela dépend de l'âge de l'enfant, évidemment. Au primaire, alors que l'élève n'a pas encore appris la discipline personnelle et la planification, il est correct que les parents (à la maison) et l'enseignant (en classe) pratiquent un encadrement régulier. Au secondaire, cet encadrement systématique devrait s'assouplir et s'espacer. On devrait le réserver (et pendant un certain temps seulement) à certains élèves qui sont incapables de prendre leurs responsabilités. C'est le rôle de mécanismes comme les feuilles de route, par exemple.

Par contre, certains enseignants tiennent à ce que les examens et travaux non réussis soient systématiquement vus par les parents. C'est une pratique raisonnable, puisqu'elle vous informe qu'il y a peut-être un problème. En signant, vous faites savoir que vous avez vu: l'enseignant n'attend pas autre chose. À vous de décider s'il y a lieu d'en discuter avec votre enfant. Mais si votre enfant vous donne des choses de l'école à signer, faites-le; sinon, votre négligence risque de lui passer sur le dos et ce ne serait pas juste, n'est-ce pas?

7

Que faire quand une punition donnée à l'école (une retenue un jour de congé, par exemple) pénalise aussi les parents (qui ne peuvent partir au chalet ou qui doivent assurer le transport, par exemple)?

Voilà pourquoi les enseignants et les directeurs d'école sont habituellement prudents en donnant ce genre de punition et ne le font pas pour une infraction mineure.

Mais, si vous êtes pris dans une telle situation, voilà une belle occasion de jouer le jeu des conséquences et de faire prendre ses responsabilités à votre enfant. Si l'élève doit payer un objet qu'il a cassé, vous allez peut-être avancer l'argent tout de suite s'il ne l'a pas; mais vous allez lui demander de vous rembourser, que ce soit en argent ou par son travail, n'est-ce pas? Pourquoi ne pas procéder de la même façon si vous devez avancer du temps au lieu de l'argent? Si votre enfant n'a vraiment aucun moyen de transport praticable et que vous devez jouer les taxis, pourquoi ne pas lui demander un service en échange? Pas pour le punir: simplement pour lui faire réaliser que vous n'avez pas à subir les conséquences de ses actes. Et s'il n'y a pas moyen de faire autrement, ça se négocie sur une base d'échange de services: donnant-donnant.

8

L'enseignant utilise de nombreux systèmes d'émulation: concours, tableau d'honneur, points de mérite, etc. N'est-ce pas encourager exagérément la compétition entre élèves et le "chacun pour soi"?

La compétition est une situation normale de la vie (pensez à la concurrence, à l'obtention d'un emploi) et l'élève doit l'apprendre aussi. En enlevant toute situation de compétition à l'école, on ne rend pas service à l'enfant.

Mais il ne faut pas que cette compétition soit sauvage, qu'elle profite toujours aux mêmes et qu'elle conditionne toute la vie de la classe. Un système d'émulation, par exemple, qui ne récompenserait que les meilleures notes ne motiverait que les plus forts et démotiverait les plus faibles: il ne serait pas très efficace. Mais s'il permet de valoriser aussi une diversité de talents chez l'élève (ses progrès, sa participation, sa politesse, son esprit de service, son esprit d'équipe), chacun a alors des chances de se faire valoir et, d'un point de vue collectif, c'est un meilleur système que le premier. Un système, quel qu'il soit, n'est qu'un moyen de valoriser ce que, comme éducateur, on trouve important.

9

Pourquoi certains élèves, dans la classe de mon enfant, ont-ils le droit d'avoir une chance alors que, pour d'autres, on applique strictement les règlements?

Pourquoi les contrôles sont-ils plus stricts pour les individus en liberté surveillée que pour les citoyens ordinaires? La différence de souplesse peut s'expliquer par un contexte où, dans le passé, certains élèves ont abusé de la tolérance de l'enseignant: leurs actes les suivent. Inversement, l'enseignant peut avoir sur les intentions ou sur la situation de l'élève des informations que les autres élèves n'ont pas et cela peut l'inciter à donner une chance ou à faire preuve de plus de souplesse dans tel cas particulier.

Mais cette différence normale de traitement laissée au bon jugement de l'enseignant ne doit pas causer d'injustices. Le bon jugement est une chose; les préférences personnelles (les souffre-douleur et les "chouchous"), c'est autre chose. Dans ce dernier cas, c'est inacceptable.

10

Arrive-t-il qu'un enseignant prenne en grippe en élève? Que faire en pareil cas?

Oui, cela peut arriver. L'enseignant s'efforce d'être objectif et juste, mais il demeure un être humain. Et certains élèves prennent un malin plaisir à jouer sur ses points sensibles. L'élève insolent, tapageur, provocateur aura moins d'ouverture de l'enseignant, tout comme le client arrogant au restaurant n'aura pas droit à un beau sourire du serveur. C'est normal.

Mais le client, même arrogant, a droit à un service correct et poli. Pas chaleureux, mais correct. L'aversion qu'un enseignant peut éprouver pour certains élèves ne doit pas l'amener à commettre des injustices. Et être juste ne signifie pas traiter tout le monde de façon identique; cela signifie donner à chacun ce qu'il mérite et ce à quoi il a droit. Si l'enseignant est injuste, il faut intervenir.

Mais si le comportement de l'enseignant à l'égard de cet élève est juste et raisonnable, ce n'est plus un problème de discipline: c'est un problème de relations humaines. Il leur faut apprendre à s'apprivoiser, à faire preuve de bonne volonté, à éclaircir des malentendus. C'est leur problème, et vous n'avez pas à jouer les médiateurs. Mais vous pouvez conseiller à votre enfant des stratégies raisonnables: aller s'expliquer calmement, arrondir certains angles irritants, lâcher du lest, etc.

11

L'école a-t-elle le droit d'avoir des exigences vestimentaires à l'égard des élèves?

Si ces exigences sont clairement énoncées dans le code de vie, oui, il faut s'y plier. Il ne faut pas oublier que le code de vie n'est pas décidé arbitrairement par l'enseignant ou le directeur: il est approuvé par le conseil d'établissement (où les parents sont représentés) et il est donc, a priori, raisonnable. En inscrivant votre enfant dans cette école, vous acceptez les règlements de l'école. Si vous allez au cinéma, vous acceptez les règlements du cinéma; pas ceux de la base de plein air.

Compte tenu de son projet éducatif, de la culture du milieu et des fluctuations de la mode, les exigences vestimentaires peuvent varier d'une école à l'autre. Il y a des exigences universelles de décence, de propreté, de sécurité, de non-violence. Et il y a ensuite des exigences locales. Si votre enfant a des problèmes avec sa tenue vestimentaire, vous n'avez pas à vous demander si le règlement est raisonnable ou pas selon vos valeurs. Vous avez seulement à vous demander si sa tenue respecte ou pas le règlement que vous avez accepté, ne l'oubliez pas, en l'inscrivant à cette école. Si vous souhaitez que le règlement soit modifié, il ne faut pas prendre votre enfant en otage pour le faire. La façon de le faire, c'est de vous adresser au conseil d'établissement et d'essayer de le convaincre de votre point de vue. En attendant, le règlement s'applique.

12

À l'école, les exigences varient d'un enseignant à l'autre: certains sont très sévères et d'autres laissent tout faire. Comment voulez-vous que l'enfant s'y retrouve?

C'est un problème, en effet. Les enseignants s'en plaignent eux-mêmes et en discutent souvent entre eux lors des journées pédagogiques et lors de leurs assemblées générales. Commencez par vous méfier des généralisations de votre enfant quand il vous raconte des événements vécus à l'école. Parions que vous êtes, vous aussi, "les parents les plus sévères de la ville" et que "tous mes amis ont le droit et pas moi". Pas vrai?

La plupart des écoles font des efforts pour améliorer la cohérence des enseignants dans l'application des règlements et devront toujours en faire. Il y a, entre les êtres humains, des différences de personnalité et de style qu'il serait vain de vouloir éliminer. Tant que ces différences sont raisonnables et ne créent pas d'injustices, cela fait partie de la socialisation de l'élève que d'apprendre à s'adapter à ces différences normales de style.

13

À la maison, nous encourageons nos enfants à discuter, à poser des questions, à être curieux et critiques. À l'école, on leur demande surtout de se taire, d'écouter et de ne pas déranger. Que peut faire l'enfant pour satisfaire des attentes aussi différentes?

À la maison, ils sont deux ou trois; en classe, ils sont trente. Toute la différence vient de là. Vous-même, si vous organisez une fête à la maison avec 30 invités (et on parle d'une fête, pas d'un cours!), n'allez-vous pas modifier le fonctionnement habituel de la maison?

Contrairement à l'enseignement traditionnel que vous avez peut-être connu, la plupart des écoles s'efforcent actuellement de privilégier une pédagogie qui favorise l'échange et la participation. Mais cela doit se faire dans l'ordre, en respectant des horaires, des procédures, des rôles. Une classe n'est pas une maison privée.

Très tôt, vous apprenez à votre enfant qu'on ne se comporte pas de la même façon quand on va en visite chez grand-maman que lorsqu'on est chez soi; qu'il y a une différence entre la maison et le chalet; entre le parc et la garderie. Il est parfaitement capable d'apprendre aussi qu'il y a une différence entre la maison et la classe. Si ses parents en sont conscients aussi, bien sûr...

14

L'élève a-t-il un droit d'appel des décisions de l'enseignant?

Bien sûr: s'il y a eu injustice. Mais c'est à l'élève d'en faire la preuve. On ne va pas voir le directeur simplement pour "s'essayer" ou parce que la décision de l'enseignant ne nous convient pas.

Ce qui se passe en classe relève d'abord et avant tout de l'enseignant, sauf si c'est très grave. L'élève doit d'abord s'efforcer de régler ses problèmes avec l'enseignant. Et tant que l'enseignant demeure raisonnable et juste, même si ça ne fait pas notre affaire, c'est abuser du système que de lui "passer par-dessus la tête".

Par contre, l'enseignant demeure un être humain et il peut faire des erreurs. Si cela cause des injustices et que, même après discussion, il refuse de les reconnaître et de les corriger, il est alors correct de s'adresser à la direction d'école.

15

Pourquoi est-ce qu'on ne sort pas tous les "tannants" pour les mettre dans des classes spéciales? Les autres pourraient apprendre en paix...

Ce n'est, hélas, pas si simple. Le tannant de l'un n'est pas toujours le tannant de l'autre. Et l'élève est rarement soit tannant, soit pas tannant. Il peut être tannant dans certains cours et pas dans d'autres; à certains moments et pas à d'autres; et ainsi de suite. Sauf pour des élèves en troubles graves d'adaptation sociale, le tannant ordinaire doit apprendre à se socialiser dans une classe ordinaire. Si on multipliait de telles classes spéciales, le tannant ordinaire n'apprendrait (peut-être) à fonctionner que dans un environnement spécial. Ce n'est pas le but de l'école. Le but de l'école, c'est de lui apprendre à fonctionner dans un environnement normal.

Voilà pourquoi il est peut-être plus sage, à long terme, de lui donner une attention spéciale dans un environnement ordinaire qu'une attention ordinaire dans un environnement spécial. Quitte à l'exclure temporairement s'il paralyse le groupe.

16

Il me semble que l'école se perd dans des détails: la casquette, la longueur des cheveux, la gomme, les baladeurs... Il n'y a pas des choses plus importantes?

Les choses importantes (le respect de la loi, le respect des personnes, le respect des biens, le respect de la bonne marche) sont habituellement bien présentes dans les codes de vie et dans la vie de la classe.

Il est vrai que l'école focalise souvent sur des "détails". Pour une raison bien simple: c'est sur ces détails que la plupart des élèves, pas fous, "s'essaient". Et ces détails, petits mais irritants, s'inscrivent dans un ensemble. Une petite règle non respectée conduit souvent à une plus grosse règle non respectée dans quelque temps. C'est également sur ces détails que les enseignants s'entendent le moins: certains y croient, d'autres moins. Les élèves sentent bien que là réside le maillon faible de la cohérence des adultes; instinctivement, c'est ce qu'ils mettent à l'épreuve.

D'ailleurs, n'est-ce pas la situation dans votre propre famille? Les accrochages viennent-ils des choses importantes (l'amour, la sécurité, la communication)? Ou viennent-ils de la musique trop forte, des affaires qui traînent et des heures de coucher?

17

Il y a des enseignants qui méprisent et même insultent les élèves. Comment peuvent-ils prétendre les éduquer?

Parfaitement juste. On ne peut pas demander le respect si on ne le pratique pas soi-même. Il peut arriver, comme cela nous arrive à tous, qu'un enseignant perde patience et dise des choses qui dépassent sa pensée. C'est une erreur. Et l'enseignant raisonnable à qui cela arrive fera alors ce qu'il demande lui-même à l'élève de faire en pareil cas: il s'excusera et s'efforcera de ne pas recommencer. Il aura ainsi démontré qu'il n'est pas un saint (personne ne l'est), mais qu'il est un adulte capable de prendre ses responsabilités.

S'il refuse de le faire ou s'il persiste dans ce type d'attitude, il est indigne d'être un éducateur. Voilà un cas qui justifie que l'on s'adresse ensuite à la direction d'école.

18

La culture des jeunes et celles des adultes n'est pas la même. Il y a même des différences de culture entre les élèves. Laquelle doit prévaloir au sein d'une classe?

La diversité fait partie de la richesse de la société. Il n'y a pas une culture, mais des cultures: celle du quartier, celle de la famille... et celle de la classe. La culture de la classe n'est ni celle des jeunes ni celle des adultes; ni celle de la famille ni celle du quartier: c'est la culture de la classe. C'est une culture qui se construit à nouveau à chaque année scolaire, en fonction des individus qui s'y trouvent et à l'intérieur des règles et du projet éducatif de l'école.

Il est courant, par exemple, que les élèves du primaire tutoient leur enseignante. Si les règles le permettent et que tout le monde s'y sent bien, pourquoi pas? Et rien n'empêche un élève d'une autre culture de vouvoyer l'enseignante s'il le veut. Par contre, les jeunes ont entre eux une très grande tolérance quant au langage qu'ils emploient: dire à un copain "mange don d'la marde!", y a rien là: cela peut même être amical! Mais cela ne fait pas partie de la culture de la classe, notamment parce que l'enseignant, qui représente la société au sein de la classe, trouve un tel langage inacceptable: il faut donc s'adapter. L'enseignant lui aussi s'adapte, dans une certaine mesure, à d'autres aspects de la culture de la classe. L'important, c'est de trouver une zone de confort pour tout le monde, à l'intérieur des règles.

19

L'école, en insistant à ce point sur la coopération, ne favorise-t-elle pas un nivellement par le bas?

La société progresse souvent en passant d'abord d'un extrême à l'autre, puis en trouvant un équilibre. À l'école,on est passé du "chacun pour soi" des années 50 au "tout le monde ensemble" des années 70. Les modèles de coopération actuellement pratiqués à l'école sont plus nuancés. Coopérer, cela ne signifie pas que tout le monde fait la même chose; cela signifie que chacun essaie de développer ses talents le plus possible (et certains en ont plus que d'autres, c'est correct ainsi), mais en essayant de ne pas écraser les autres et, si possible, de les aider.

Dans une classe normale, il y a des forts et des faibles. Il ne s'agit pas de demander aux forts de s'empêcher d'être forts pour que les faibles se sentent mieux: ça, ce serait du nivellement par le bas. Mais si on demande au fort d'utiliser (oui, d'utiliser) sa force pour aider le faible, devient-il moins fort pour autant? Pas du tout: il devient plus fort. Et le faible devient moins faible. Tout le monde y gagne.

20 

Les notes au bulletin peuvent elles servir à assurer la discipline en classe?

NON. La note du bulletin décrit la compétence de l'élève; pas son comportement social. L'élève bilingue est-il moins bilingue parce qu'il a dérangé pendant le cours d'anglais?