Le rallye virtuel
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Le rallye virtuel

Présentation

Le présent guide pédagogique vise à outiller des enseignants du primaire qui désireraient se lancer, pour leur groupe d'élèves, dans l'élaboration d'un rallye virtuel. On entend par là un jeu-questionnaire thématique exigeant de naviguer divers sites Web organisés à l'intérieur d'un parcours prédéfini.

Compte tenu de la diversité des modalités de réalisation possibles d'un tel projet, ce guide ne prétend pas fournir une série de scénarios d'activités "clés en mains" comme le ferait un manuel scolaire. Il vise plutôt à clarifier une problématique de base, à présenter une liste de décisions qui devront être prises par l'enseignant et son groupe dans la réalisation du projet, à proposer des pistes d'activités et à présenter des ressources disponibles sur Internet en relation avec l'élaboration d'un rallye virtuel.

Ce projet est conçu à l'intention plus particulière des classes du deuxième cycle du primaire (3e et 4e années). Lorsqu'il sera pertinent de le faire, des suggestions d'enrichissement et d'approfondissement seront faites à l'intention des classes du 3e cycle (5e et 6e années).

L'élaboration d'un rallye virtuel est essentiellement un projet de lecture et, à ce titre, concerne d'office le programme de français. Par contre, compte tenu du choix possible de certaines thématiques et du travail de recherche qui pourra être demandé aux élèves en cours de réalisation, le projet pourra intégrer des apprentissages de certains autres programmes disciplinaires.


Sommaire du projet

Le rallye virtuel est un produit encore mal connu, et il en existe diverses conceptions.

Il s'inspire, par analogie, du rallye automobile. Dans ce dernier cas, rappelons-le, des concurrents, armés d'une feuille de route, doivent, dans un temps défini, suivre un parcours routier précis tout en répondant à des questions dont les réponses se trouvent dans les lieux qu'ils visitent. Des points sont attribués pour le respect du parcours, le respect du temps et les bonnes réponses aux questions. Le parcours est divisé en étapes et, à chaque étape, un ou des points de contrôle permettent de vérifier la position des concurrents. Souvent, les indications de la feuille de route ne sont pas données " en clair ", mais plutôt sous une forme codée, ce qui exige que les concurrents résolvent des problèmes ou trouvent la clé d'énigmes pour continuer leur route.

Le rallye automobile est donc une " chasse au trésor " complexe, qui exige non seulement que l'on parvienne au but en surmontant les obstacles et les pièges placés sur la route, mais aussi que l'on respecte , dans le temps et dans l'espace, un scénario secret défini par les organisateurs du rallye.

Un rallye virtuel est structuré de la même façon, à cette seule différence près que le parcours n'est pas routier (une série de villages ou de quartiers à visiter à la recherche d'indices), mais virtuel (une série de sites Web à naviguer à la recherche d'informations).

Contrairement aux autres projets de cette collection, le rallye virtuel n'est pas par essence un projet de production pour l'élève (même s'il peut déboucher, comme nous le verrons plus loin, sur un travail de rédaction). Il exige essentiellement de l'élève les habiletés suivantes :

Si le rallye est correctement organisé par l'enseignant, trois caractéristiques de ce projet sont de nature à motiver puissamment les élèves à faire les apprentissages ci-dessus :

Du point de vue de l'enseignant, ce projet permet une grande souplesse dans la prise en compte du temps consacré, de l'ambition du produit final, de l'orientation du contenu et, de façon plus pratique, du degré de familiarité de l'enseignant avec les technologies.

En effet, l'enseignant, à l'intérieur de balises que nous préciserons plus loin, garde un contrôle complet du thème choisi, des sites à visiter, des questions posées, des règles du jeu, du temps alloué et du degré de difficulté général du parcours qu'il propose aux élèves.


Les préalables pour l'enseignant

Savoir naviguer et rechercher sur Internet

Sur le plan technologique, les exigences pour l'enseignant sont beaucoup moins considérables que pour l'élaboration d'un site Web scolaire. En effet, même s'il peut être intéressant de fournir les directives aux élèves sous forme électronique (une page Web sur un serveur, par exemple), le bon fonctionnement du rallye ne l'exige pas : feuilles de route et questionnaires peuvent parfaitement être distribuées aux élèves en version imprimée. En fait, la seule exigence technologique pour concevoir (comme enseignant) et effectuer (comme élève) un rallye virtuel, c'est de disposer d'un accès Internet et d'un fureteur tel que Netscape ou Explorer.

Outre la conception du parcours et l'élaboration des questionnaires, l'essentiel du travail de l'enseignant consistera à trouver des sites Web francophones, pertinents à la thématique et bien adaptés à l'âge et au niveau de compréhension des élèves. Il lui faut donc pour cela maîtriser très bien les techniques de recherche sur le Web : moteurs de recherche, répertoires, architecture d'un site, liste de sites éducatifs, autant d'outils qui ne devront plus avoir de secrets pour l'enseignant. Il devra en effet effectuer de nombreuses recherches préalables et rejeter de nombreux sites trouvés pour ne conserver que ceux qui seront véritablement utiles à son rallye et qui pourront intéresser les élèves.

Tout le reste n'est qu'une question de créativité (pour imaginer des scénarios, des énigmes, des questions), d'organisation (pour définir un parcours logique à l'aide de directives claires) et de minutie (pour s'assurer que tous les liens fonctionnent, que les sites existent toujours et que l'élève qui suit scrupuleusement les directives parvienne nécessairement au résultat).

La modération a bien meilleur goût!

Dans la version que nous vous proposons, le rallye virtuel demeure modeste dans ses prétentions technologiques, et donc réalisable par tout enseignant habile dans la construction d'activités et à qui Internet est le moindrement familier. Bien entendu, on peut pousser beaucoup plus loin la sophistication technologique. Un enseignant qui serait familier avec la conception de pages Web et qui disposerait d'un accès à un serveur pourrait fort bien créer lui-même les textes et les pages à visiter par les élèves et y incorporer, au milieu d' informations thématique ou de contenu, les directives nécessaires à l'exécution du parcours. S'il est à l'aise avec Javascript, il peut même concevoir des pages interactives qui réagiront aux bonnes ou aux mauvaises réponses de l'élève ou qui lui permettront de récupérer les réponses de l'élève par courrier électronique en tenant compte de l'heure à laquelle ces réponses ont été envoyées!

Toutefois, sans décourager l'enseignant qui serait prêt à s'engager à ce niveau de sophistication ou qui en aurait déjà la compétence, ce n'est pas à lui que ce document s'adresse. Il ne faut pas perdre de vue que le rallye virtuel, dans le contexte où nous en parlons, est d'abord un projet pédagogique, c'est-à-dire un prétexte à la réalisation d'apprentissages scolaires par l'élève. Si l'enseignant n'a pas déjà ces compétences de programmation, nous jugeons plus sage qu'il consacre ses énergies à l'élaboration de tâches signifiantes et utiles pour l'élève plutôt qu'à la programmation de gadgets technologiques.


Qu'est-ce qu'un rallye virtuel?

Nous l'avons dit plus haut : il n'existe pas de définition officielle du rallye virtuel. Une recherche sur " rallye virtuel " dans un moteur de recherche vous fera découvrir certain sites qui ne sont pas autre chose qu'une banale liste de questions dont les réponses se trouvent sur un même site ou encore une liste de liens à cliquer dans un ordre prédéfini. Le terme de rallye nous semble abusif pour décrire de telles activités. Aux fins du présent projet, nous vous proposons les caractéristiques suivantes :

1. UN PARCOURS VIRTUEL

Les éléments, le " pas à pas " du parcours, ce sont des pages Web différentes que l'élève doit visiter dans un ordre précis. Cette séquence constitue le scénario du rallye. L'élève ne le connaît pas d'avance : on ne lui fournit qu'un point de départ. C'est sa capacité d'accomplir une tâche (retrouver une information, repérer un indice, résoudre une énigme) qui lui indique où se rendre ensuite.

L'inconvénient d'un tel parcours séquentiel, c'est que l'élève qui ne réussit pas à accomplir l'une des tâches nécessaires à la découverte de la destination suivante est privé de tout moyen de terminer le parcours. Pour pallier cet inconvénient, on décompose le parcours en étapes. S'il " bloque " au cours d'une étape donnée, il subira les pénalités (points perdus); mais il pourra disposer du point de départ de l'étape suivante, ce qui limite ce blocage à un incident de parcours.

Comment peut-on, sans lui fournir directement l'adresse URL de la page à visiter - et alors que l'on ne contrôle pas soi-même cette adresse -, l'y amener à l'aide d'indices ou de directives? Il y a essentiellement deux techniques.

(En réalité, il existe aussi une troisième technique mais elle n'est pas virtuelle! On peut, comme dans une chasse au trésor réelle, cacher des adresses URL dans différents endroits physiques de la salle de classe ou de la bibliothèque et en faire trouver la localisation par des énigmes ou des questions. Deux choses à surveiller si l'on décide ainsi de pimenter le virtuel d'un peu de réel : éviter que des petits malins fassent disparaître les indices après les avoir trouvés, de façon à en priver les concurrents; et encadrer soigneusement les déplacements physiques des élèves que cette technique entraîne nécessairement)

Même si, globalement, le parcours est séquentiel, un rallye peut contenir des étapes où l'organisation des pages est " radiale " : par exemple, l'élève doit visiter les 5 sites suivants, mais il peut les faire dans l'ordre qui lui convient. Ou encore, on peut lui demander de visiter trois sites sur les 5 suivants, à son choix. Les variations possibles sont, on le voit, nombreuses.


2. THÉMATIQUE

Le parcours ne constitue que l'ossature technique du rallye, sa mécanique. Son intérêt pédagogique provient essentiellement de sa thématique. Un parcours qui n'amènerait l'élève qu'à sauter d'une page à une autre sans se préoccuper du contenu et sans lui donner l'occasion de traiter de l'information serait, dans tous les sens du terme, insignifiant. Il faut donc que les pages visitées soient reliées par un contenu commun.

Toutes les thématiques sont possibles à condition que l'on dispose de pages Web francophones, diversifiées, pertinentes et utiles! Ce sera le critère déterminant pour juger de la praticabilité d'une thématique.

Certains rallyes s'efforcent de coller le plus près possible à l'analogie du rallye automobile : on organise donc une visite virtuelle d'une ville, d'une région, d'un pays quand ce n'est pas carrément un tour du monde ou du système solaire! Ces thématiques sont utiles en géographie, la plupart du temps.

Mais il est possible d'organiser un rallye thématique sur à peu près n'importe quel sujet. Certaines thématiques peuvent être historiques (la découverte de l'Amérique), culturelles (la bande dessinée), scientifiques (les volcans), religieuses (les épisodes de la vie de Jésus), technologiques (les moyens de transport), sociales (la pauvreté dans le monde), médiatiques (la publicité), sportives (les disciplines olympiques), ...

L'important, c'est que le rallye permette de faire ressortir les diverses facettes d'un sujet, que ce sujet intéresse les élèves et que les informations qu'ils y recueilleront s'intègrent à un travail scolaire, que ce soit une recherche en vue d'une production écrite, une exposition, une discussion. Un rallye virtuel est d'autant plus significatif qu'il ne constitue pas une activité fermée sur elle-même mais que, au contraire, il sert de mise en situation, d'exploration ou de conclusion à une autre activité pédagogique plus vaste.


3. CONTRÔLÉ

Ne serait-ce que pour pouvoir attribuer des points (mais aussi pour encadrer l'élève dans sa navigation), il faut s'assurer que l'élève puisse prouver qu'il a bien visité les pages. Cela peut se faire de deux façons.

La seconde présente, selon nous, de nombreux avantages par rapport à la première. Le principal est qu'elle permet de réserver le questionnaire à de véritables questions de contenu pédagogique au lieu de devoir recours, dans bien des cas, à des questions-prétextes (" quel est le 2e mot du 4e paragraphe ? "), utiles pour contrôler, mais anti-pédagogiques.

De plus, le signet est une preuve irréfutable de la visite, tandis qu'une réponse à une question a pu être devinée ou trouvée autrement. Finalement, si on cherche aussi à développer une culture du Web chez l'élève, la pratique du signet est préférable à celle du questionnaire imprimé.

Si on veut éviter la procédure de gestion et d'exportation des signets, une variante consiste à lui demander de copier l'adresse URL dans la barre de navigation et de la coller dans un traitement de texte. La liste des URL constituera alors la preuve de son parcours.


4. OBÉISSANT À DES RÈGLES

Les règles doivent être explicites et clairement communiquées à l'élève dès le départ, soit lors d'un " briefing " comme dans les vrais rallyes, soit dans un document écrit, avec sa feuille de route. Elles concernent :


5. LUDIQUE

Par sa structure même, un rallye est un jeu : on est placé devant un défi et on essaie de le relever mieux et plus vite que d'autres. Cette dimension de concurrence en fait un concours. Et comme on joue ce jeu en équipes, il y a aussi une nécessité de coopérer.

Comme dans les rallyes automobiles, une équipe se compose d'un pilote et d'un navigateur. Le pilote tient les commandes de l'ordinateur : c'est lui qui clique, qui fait défiler, qui cherche à l'écran. Le navigateur s'occupe de la feuille de route, transmet les directives, note les réponses aux questions et gère le temps. De façon à varier les interactions et les tâches, il peut être intéressant, à mi-parcours, par exemple, d'inverser les rôles.

L'aspect ludique doit aussi être cultivé dans la forme des questions et des tâches (énigmes, devinettes, charades) et dans les directives. Si, au lieu d'être strictement techniques, elles sont teintées d'humour et de fantaisie (rien n'interdit, par exemple, d'inventer un personnage ou une mascotte), le rallye n'en sera que plus agréable et motivant.


6. PÉDAGOGIQUE

Il ne faut jamais oublier que le rallye virtuel, en classe, est une activité pédagogique, un projet de lecture, plus précisément - qui peut servir de préalable à un projet d'écriture ensuite. Non seulement faut-il s'assurer, comme on l'a vu, d'exploiter une thématique pertinente et de présenter des textes accessibles, mais encore faut-il placer l'élève en situation d'effectuer une lecture active et signifiante.

On évitera donc de se limiter à des seules questions de repérage pur et simple (quelle date, quel nom, quel nombre) auxquelles l'élève peut répondre en survolant le texte sans le lire vraiment ou, encore mieux, à l'aide de la commande " Trouver sur la page " où c'est l'ordinateur qui fait le travail pour lui. Il faudra (tout comme dans une épreuve de lecture), prévoir des questions où l'élève devra interpréter, reformuler, faire des inférences, tirer des conclusions. Il peut aussi être intéressant d'agrémenter le rallye virtuel en y insérant des tâches de recherche d'information qui exigent le recours à d'autres sources qu'Internet : le dictionnaire, une encyclopédie et, pourquoi pas, la bibliothèque! On fera ainsi mieux ressortir la diversité des sources d'information possibles.

Finalement, il est essentiel de récupérer l'information thématique que l'élève aura accumulée au cours du rallye. Le débouché normal est la production d'un texte d'information ou d'opinion en rapport avec la thématique explorée. Mais cela peut aussi être une discussion ou une exposition. Ou encore, dans un autre ordre d'idées, une lettre visant à raconter à un ami, un correspondant ou un parent, son expérience de rallye virtuel!

Et, pour les élèves plus âgés, s'ils ont pris goût à l'expérience, pourquoi pas un projet qui consisterait à bâtir collectivement un rallye virtuel pour une classe de plus jeunes? Et voilà un tout autre projet.


Préparer un rallye virtuel

Nous vous suggérons ci-dessous une démarche de préparation d'un rallye virtuel pour vos élèves. Ensuite, dans la section suivante, nous vous indiquerons le déroulement possible de l'activité en classe.


1. LE CHOIX DE LA THÉMATIQUE

On l'a vu, c'est la thématique qui va déterminer et structurer le choix des pages à visiter, le questionnaire et les tâches demandées à l'élève. Il faut donc la choisir avec soin. Elle doit être pertinente à au moins un programme d'études (et, idéalement, plus d'un); être à la fois accessible aux élèves et pertinentes pour eux; être suffisamment large pour offrir un contenu substantiel à maîtriser; et permettre des tâches variées et permettre une activité autre que le rallye qui prolongera celui-ci. Il faut aussi avoir de bonnes raisons de penser que le Web contiendra plusieurs sites différents pertinents à cette thématique, dans un langage accessible et en français.

Cela fait, il peut être intéressant de constituer au départ une liste de thèmes possibles et de consulter vos élèves sur celui qui les intéresse le plus.

Sans que ce soit une nécessité absolue, le rallye sera plus intéressant, plus dynamique et plus facile à construire si le thème se prête à un découpage en étapes, en aspects, en chapitres. Et encore davantage si on peut l'envelopper dans la métaphore d'un voyage.


2. LA RECHERCHE DES PAGES

L'étape suivante consiste à recueillir de la documentation pertinente sur le Web. Des pages Web; beaucoup de pages Web! Il s'agit ici d'une recherche documentaire informatisée classique. Nous supposons que ce type de recherche vous est familier et que moteurs de recherche, répertoires, sites éducatifs n'ont plus de secrets pour vous!

Au terme de cette étape, vous devriez avoir une bonne collection de signets, classés pas sous-thèmes, qui constitueront les éléments, les " briques " de votre rallye.


3. L'ORGANISATION DU PARCOURS

Ces signets, il va maintenant falloir les réarranger dans l'ordre dans lequel les élèves vont devoir les parcourir.

Cet ordre est dicté par le contenu : il doit suivre une logique de la présentation de l'information et non pas amener l'élève à butiner au hasard. Si vous faites un rallye sur le système solaire, par exemple, il faudra suivre l'ordre des planètes; un rallye d'une région du Québec devra suivre, par exemple, un trajet routier; un rallye sur les drogues devra suivre le plan d'un travail sur le même sujet et donc aborder dans l'ordre les aspects médicaux, sociaux, économiques, légaux, etc.

Il est à noter qu'il est parfaitement possible de réutiliser une même page plus d'une fois si on va y chercher, chaque fois, une information différente tout comme il est possible qu'un rallye automobile repasse deux fois par le même carrefour.

Vous pourrez aussi, à condition de ne pas en abuser, insérer ça et là des pages qui " n'ont pas rapport " : parfois pour résoudre un problème technique de navigation d'une page à l'autre si on en a besoin pour fournir un indice ou une énigme; parfois aussi à titre de blague, de divertissement ou de récréation. Ces pages pourront être déterminées plus tard. L'important, c'est de constituer le parcours de toutes les pages significatives.

À ce stade, votre liste de signets devrait ressembler de très près à celle que vos élèves vous livreront comme preuve de leur passage.


4. LA FEUILLE DE ROUTE

Il s'agit ici de la partie la plus exigeante de la construction du rallye.

La feuille de route, c'est le document (imprimé ou électronique) que vous fournirez à vos élèves et qui leur indiquera, pas à pas, les pages qu'ils devront visiter. Nous avons vu précédemment qu'il ne faut pas leur fournir " en clair " les liens ou les adresses qui leur permettront de se rendre à la page suivante, et qu'il n'y a que deux façons de résoudre ce problème : coder des éléments de l'adresse URL (nous en avons vu un exemple) ou leur fournir un indice de contenu.

Dans ce dernier cas, cet indice doit les amener sur une page Web et une seule : celle de leur destination; leur demander de trouver le prix d'une Rolls-Royce n'est pas un bon indice, puisque bien des pages Web contiennent l'information. Par contre, il est tout à fait correct de leur fournir, par exemple, cinq adresses ou cinq liens en clair et de leur demander de s'arrêter sur celui des cinq qui contient l'information.

Dans certains cas, vous pourrez avoir de la chance (ou faire votre chance!) : une page Web peut contenir un lien vers une autre qui sera elle aussi pertinente au rallye. Il s'agit donc de faire de cette nouvelle page la destination suivante; l'objet de l'énigme, de la devinette ou de l'indice n'est donc plus une adresse sur le Web, mais un lien sur une page donnée.

L'idéal est de varier les techniques de liaison des pages entre elles.

Ces contraintes techniques vont amèneront, à l'occasion, pour résoudre des problèmes de liaison, à devoir modifier le parcours que vous aviez initialement prévu à l'étape précédente. Rien ne s'y oppose à condition que vous respectiez encore la logique thématique du parcours. Parfois encore, une page-divertissement sera votre bouées de sauvetage!

Pensez ensuite à diviser votre parcours en étapes. Le but de ces étapes, on s'en souvient, est de correspondre à des divisions logiques de contenu mais davantage et surtout d'éviter à l'élève qui s'avère incapable de faire le lien d'une page à une autre d'être privé de la possibilité de retomber sur ses pattes et de reprendre la route.

Pour cette raison, les étapes doivent être courtes et nombreuses : selon l'âge des élèves et l'ambition du rallye, une étape ne devrait pas, croyons-nous, comporter plus de trois à cinq pages différentes à visiter.

Et la première page de chaque étape, précisément pour permettre à l'élève de repartir de là s'il s'est égaré à l'étape précédente, doit comporter une directive claire qui n'exige pas d'avoir visité une page précédente. Pour cette première page de chaque étape, on peut aussi lui donner une adresse URL en clair.

Notez qu'il est possible, sans le faire systématiquement pour toutes les étapes, de fournir en bloc toutes les pages de l'étape sans qu'il n'y ait d'ordre séquentiel à respecter (" pour cette étape, tu dois visiter, dans l'ordre que tu veux, les 4 sites suivants; ils contiennent les réponses aux questions de cette étape "). Le questionnaire (voir ci-dessous) doit alors présenter les différentes questions de l'étape dans un ordre différent de celui dans lequel on présente les pages à visiter.

Une fois construite, la feuille de route, dans sa version définitive, doit se présenter comme une liste de directives numérotées et regroupées en étapes, chacune correspondant à une page à visiter. Si votre rallye, en tout, comporte 26 pages ou " stations ", la feuille de route présentera les directives 1 à 26 ou, si on préfère respecter une numérotation des étapes, une numérotation décimale (1.1/ 1.2/ 1.3 / 1.4 / représentant par exemple les 4 pages de la 1re étape, et ainsi de suite).

Voici, à titre d'exemple, comment pourrait se présenter le début d'une étape :

RALLYE " ZOOS CÉLÈBRES "
Étape 3
3.1. Va voir Réal et son perroquet à : http://Darwin.CyberScol.qc.ca/Expo/Zoo/Experts/perroquets/Accueil.html . Place un signet et réponds à la question 18 sur ton questionnaire.
3.2. À partir de là, trouve le moyen de te rendre au Zoo de Granby (un indice : il faut passer par le Cyberzoo pour aller au zoo ). Place un signet et réponds alors à la question 19 sur ton questionnaire
3.3. Sur cette même page, repère l'expression " un site à nul autre pareil "; prends le mot qui vient immédiatement avant; garde les 5 premières lettres de ce mot, en enlevant l'accent aigu du " e ". Dans l'adresse suivante : http://www.cs*****.qc.ca/projets/journal/zoo.html, remplace maintenant les 5 astérisques par les 5 lettres en question et rends-toi à cette adresse. Place un signet et réponds à la question 20 sur ton questionnaire.
3.4. etc.

Pour les enseignants un peu plus à l'aise avec l'édition HTML :

La solution idéale consiste alors à non seulement repérer les pages de votre rallye sur le Web, mais carrément à les télécharger sur votre disque. Cette approche présente de très nombreux avantages :

  • Vous pouvez renommer les fichiers HTML du titre que vous voulez, ce qui simplifie grandement le codage.
  • Vous vous assurez que, même si le site réel sur le Web disparaît ou change d'adresse, la page est toujours disponible.
  • Vous pouvez modifier ces pages à l'aide d'un éditeur HTML et y inclure des liens, des directives, etc. pour en faire un rallye dynamique; la feuille de route peut alors devenir entièrement virtuelle (un fichier HTML aves liens cliquables).

Il y a cependant des inconvénients. Si vous ne pouvez pas mettre votre rallye-maison sur le serveur de l'école ou de la commission scolaire, les adresses URL qui pointeront vers des fichiers locaux devront se présenter dans le format " file:/// " et non plus " http:// " . Et si ces pages locales contiennent des liens pointant vers d'autres pages Web, il faudra refaire les liens manuellement pour les faire pointer vers un fichier local et non vers une adresse Internet.

Il est possible de combiner les deux approches; par exemple, vous pouvez choisir de ne recourir aux fichiers locaux que pour vous dépanner si la liaison par voie d'indices est trop problématique.


5. LA CONSTRUCTION DU QUESTIONNAIRE

Si la feuille de route assure la mécanique de fonctionnement du rallye, le questionnaire assure son utilité pédagogique.

Chaque page visitée doit faire l'objet d'au moins une question de contenu, pertinente à la thématique. Réservez pour la feuille de route les questions farfelues, les attrapes et les questions purement mécaniques telles que " Quel est le 2e mot du 3e paragraphe? "

Les questions doivent donc être conçues comme des questions que l'on trouverait dans une épreuve de lecture : certaines demandent uniquement de repérer une information explicite sur la page; d'autres demandent à l'élève de dégager la réponse, dont le contenu se trouve sur la page, mais de façon implicite et non en toutes lettres. Et le degré de difficulté doit, comme dans toute épreuve, être adapté à l'âge des élèves.

Choix multiples ou questions ouvertes? Ou une combinaison des deux? Dans le cas des questions ouvertes, une seule réponse admissible ou toute réponse équivalente jugée acceptable? Il n'y a pas de contraintes qui découlent du rallye en cette matière. Prenez les mêmes décisions que vous prendriez en construisant une épreuve de lecture, puisque ce questionnaire est une épreuve de lecture!

La seule différence avec une épreuve de lecture classique, c'est que le rallye pose une ou deux questions par texte sur de nombreux textes, alors que l'épreuve traditionnelle pose plusieurs questions sur un seul texte. Mais comme tous les textes appartiennent à une même thématique, on peut envisager cet ensemble de textes comme s'il s'agissait d'un méga-texte sur le même sujet.

Il faut donc envisager aussi le questionnaire comme un ensemble cohérent de questions sur un sujet. Quand on considère l'ensemble du questionnaire, a-t-on raisonnablement couvert les aspects importants du thème? Idéalement, l'élève qui a complété le questionnaire devrait avoir le matériau nécessaire pour, à partir des réponses, élaborer un texte ou un exposé oral sur ce sujet.

L'ordre des questions est évidemment conditionné par le parcours lui-même. Si ce parcours a été agencé en fonction de différents aspects du thème, l'ordre des questions reflétera nécessairement la même logique. Mais ce n'est pas une contrainte majeure. Cela peut même être un exercice formateur que de demander à l'élève, dans sa production post-rallye, de réorganiser ses informations selon une logique différente.

Sur le plan technique, enfin, toutes les questions doivent être numérotées séquentiellement, comme dans un questionnaire de lecture : c'est à ces numéros que se référeront les directives de la feuille de route. On fera une séparation graphique claire entre les blocs de questions correspondant à chacune des étapes du parcours. Et, sauf si chaque question vaut le même nombre de points, il faudra préciser les points attribués à chacune. Nous allons parler, d'ailleurs, de l'attribution des points.


6. LA FICHE DE POINTAGE

Il faut établir un barème d'attribution des points, puisque l'équipe gagnante du rallye sera celle qui aura accumulé le plus de points. On comprend qu'il s'agit de points de jeu et non pas d'un quelconque mécanisme d'évaluation des apprentissages! Il y a essentiellement trois moyens de gagner des points - et un d'en perdre!

  • Les points de parcours. Un point est attribué pour chaque signet correct dans la liste finale. Même les pages dont l'adresse est fournie en clair doivent faire l'objet d'un signet. Le point récompense donc tout autant le fait de s'être rendu sur la bonne page et le fait d'avoir pensé à placer un signet. Si certaines pages exigent un effort particulier pour être découvertes, on peut envisager de donner un point-bonus pour tel ou tel signet.
  • Les points du questionnaire. Chaque question vaut un point d'office. Les plus complexes ou les plus importantes peuvent valoir davantage, tout comme dans une épreuve de lecture traditionnelle. Comme les questions vérifient les compétences en lecture alors que le parcours ne vérifie que l'habileté à naviguer, les points du questionnaire, dans l'ensemble, devraient peser plus lourd dans le score final que ceux du parcours ou que ceux du chrono (voir ci-dessous).
  • Les points du chrono. On peut choisir de récompenser aussi la vitesse (pour certaines étapes données, dites " contre la montre ", ou pour l'ensemble du rallye). Ce n'est pas une nécessité : il faut voir, compte tenu de l'âge des élèves, si cela les motive ou si cela les stresse! On devra alors s'assurer que, pour une étape donnée, toutes les équipes aient l'indice de départ en même temps. Dans ce cas, il faudra le donner verbalement et ne pas l'indiquer sur la feuille de route. Il faudra ensuite déterminer un indice indiscutable dans la page finale, preuve que l'élève l'a bien visitée. On peut ainsi attribuer des points aux premières équipes à apporter cet indice à l'enseignant (par exemple, 3 points pour la 1re équipe, 2 points pour la seconde, etc.). Une variante moins compétitive consiste à définir une heure précise; lorsque cette heure arrive, toutes les équipes qui ont l'indice se voient attribuer le même nombre de points.
  • Les points de pénalité. Rarement utilisés, ils servent essentiellement à sanctionner des comportements incorrects : fraude, plagiat, nuisance, non respect des consignes, etc.

7. LA PRÉPARATION IMMÉDIATE

La validation

Cette étape consiste à faire, très peu de temps avant la tenue du rallye en classe, une ultime vérification des liens (certains sites ont pu changer d'adresse) et de la cohérence du parcours. Il peut être utile, pour cela, de demander la collaboration, comme " cobaye ", d'un élève du même âge que les vôtres, mais extérieur à votre classe : un fils ou une nièce sont particulièrement utiles pour cela! Cela vous permettra aussi de valider la difficulté de certaines tâches ainsi que le temps requis pour accomplir le parcours.

Faites ensuite les modifications requises, s'il y a lieu, sur la feuille de route et le questionnaire.

La production des outils

Il s'agit ici de produire les outils matériels nécessaires à la tenue du rallye :

  • feuille de route;
  • questionnaire;
  • feuille de réponses;
  • fiche de pointage;
  • règlements.

Vous aurez à déterminer aussi si ces outils sont remis aux élèves en version imprimée ou en version électronique. Question de respecter la culture du médium, nous privilégions cette dernière formule. Les outils peuvent ainsi être remis aux élèves sous forme de fichiers texte ou, mieux, sous forme de fichiers HTML consultables directement dans leur fureteur. Si cela intimide trop les élèves, la bonne vieille version " papier " demeure toujours acceptable. La même décision est à prendre en ce qui concerne la feuille de réponses de l'élève, qui peut être remise sous forme d'un fichier texte ou d'une feuille de papier.

Le mini-parcours d'entraînement

Si ce rallye est le premier qu'effectuent vos élèves, il serait utile de produire un mini-parcours d'entraînement (une petite étape de deux ou trois pages, par exemple), qui leur permettra d'assimiler la mécanique du rallye. Ce parcours portera en général sur un sujet sans rapport avec le rallye lui-même.

La planification de l'activité en classe

Combien de temps en tout avez-vous à allouer au rallye? Se fera-t-il d'une traite ou en plusieurs occasions différentes? Dans ce dernier cas, tiendra-t-on à jour un palmarès des équipes?

La réponse à ces questions dépend de l'âge des élèves ainsi que de la longueur du parcours et de la difficulté des tâches.

Nous vous recommandons, si la chose est possible, d'en faire un projet qui s'étalera sur plusieurs séances, réparties surquelques jours ou quelques semaines. Cela soutient l'intérêt des élèves et permet des activités connexes entre les séances. Dans ce dernier cas, il faut prévoir ne distribuer, à chaque séance, que la partie de la feuille de route et du questionnaire concernée par la séance.


Votre travail de préparation est complété. Vous êtes maintenant prêt à lancer votre rallye en classe. C'est l'objet de la prochaine section de ce document.


Le déroulement d'un rallye virtuel

En soi, votre rallye pourrait être une activité qu'un élève pourrait effectuer en solitaire, à titre d'activité d'enrichissement, par exemple. Si vous devenez un concepteur de rallye chevronné, vous voudrez peut-être conserver vos anciens rallyes et les faire servir à d'autres élèves à cette fin. Mais ce n'est pas l'idée de base d'un tel projet, qui se déroule essentiellement sous forme de compétition amicale entre des équipes d'élèves d'un même groupe. C'est dans cette perspective que nous vous suggérons le déroulement ci-dessous.


1. LA PRÉPARATION DES ÉLÈVES

Il est conseillé d'effectuer cette préparation lors d'une séance distincte du lancement du rallye lui-même: la veille ou quelques jours auparavant.

Pédagogique

Comme toute activité que l'on veut significative pour les élèves, une mise en situation est nécessaire. Sur le plan pédagogique, elle vise particulièrement la thématique sur laquelle portera le rallye : que connaissent déjà les élèves du sujet? En quoi ce sujet peut-il être utile ou intéressant pour eux?

Technique

On suppose que les élèves connaissent déjà la navigation sur Internet. La préparation technique concernera donc le rallye lui-même : but, règles, directives. C'est ici que le mini-parcours d'entraînement prend toute son utilité. On en profitera aussi pour constituer les équipes concurrentes.


2. LE DÉPART

On s'assure que les équipes sont à leur poste de travail, à raison d'une équipe par ordinateur. On procède ensuite à la distribution des documents pertinents à la séance ou à l'étape concernée.. De façon à permettre un départ simultané, il est conseillé, si les documents sont sous forme imprimée, de les distribuer aux équipes sous enveloppe scellée, avec interdiction de l'ouvrir avant le signal. Si les documents sont sous forme électronique HTML, on donnera le signal en fournissant à tous l'adresse URL du fichier de départ. S'ils sont sous forme de fichiers texte, c'est le nom du fichier de départ et sa localisation sur le disque ou sur le serveur que l'on communiquera pour donner le signal du départ.

Signalons ici un avantage supplémentaire aux documents fournis sous forme électronique: une adresse URL donnée à l'élève peut être copiée-collée sans erreur par celui-ci. S'il doit la recopier ou la saisir au clavier, les risques d'erreur de frappe augmentent.


3. LE DÉROULEMENT

Les équipes se mettent au travail. Votre rôle consiste alors à circuler dans la classe, à vous assurer du respect des consignes et à dépanner les équipes qui ont un problème. Attention! Il ne s'agit pas - question de justice - de leur fournir des indices privilégiés sur le contenu du rallye, mais seulement de clarifier des aspects des règlements ou de la mécanique qui n'auraient pas été bien compris.

Si vous avez décidé de faire du chrono un des paramètres de la compétition, il vous faut surveiller l'horloge et annoncer périodiquement le temps qui reste. Vous devez aussi être disponible pour vérifier et signer les feuilles de pointage que les élèves vous apporteront.


4. LA FIN DE LA SÉANCE

Au signal, toutes les équipes doivent cesser de travailler et lâcher leur souris, leur clavier et leur crayon. Recueillez les feuilles de réponses, les fiches de pointage et les signets (ou la liste des adresses URL constituée par l'élève), en vous assurant qu'ils sont clairement identifiés au nom de l'équipe concernée et conservez-les dans le dossier de l'équipe que vous aurez pris soin de constituer.

Il faut aussi prévoir du temps pour effectuer un " debriefing ", c'est-à-dire un retour sur la séance qui vient de se dérouler. On peut ainsi mettre en commun les solutions trouvées, partager des stratégies, fournir les réponses aux énigmes et procéder à la nécessaire objectivation de l'expérience qui vient d'être vécue, tant sur le plan de la navigation que sur celui du contenu thématique.


5. LA CORRECTION ET LA PUBLICATION DES RÉSULTATS

Pour maintenir l'intérêt pour la course, vous devrez corriger les feuilles de réponses et les fiches de pointage des élèves le plus rapidement possible pour pouvoir attribuer les points et mettre à jour le classement des équipes.

Selon le temps exigé par cette tâche, celle-ci peut s'effectuer séance tenante (pendant que les élèves sont occupés à faire un travail individuel, par exemple) ou attendre un moment libre.

Une fois la correction effectuée et les points attribués, il faut mettre à jour le tableau de classement, tant pour l'étape terminée que pour les performances cumulatives depuis le début du rallye. Le recours à un tableur est alors un outil précieux pour l'enseignant dans la tenue à jour de ces statistiques.

Il faut, finalement, publier les résultats auprès des élèves. L'idéal est une sortie imprimante de la feuille de calcul du tableur, avec, si vous maîtrisez bien le logiciel, des graphiques illustrant visuellement la position des équipes. Sinon, un tableau affiché dans la classe et tenu à jour manuellement peut également faire l'affaire.

Tout est maintenant prêt pour la prochaine séance.


6. LA FIN DU RALLYE

Si vous avez quelque peu " dramatisé " le rallye, la remise des prix devient un temps fort de la vie de la classe. Il vous revient de déterminer si cela se fait sobrement, à l'intérieur d'une période de classe ordinaire ou si, au contraire, on en fait une activité spéciale.

Dans ce dernier cas, on peut envisager la présence d'invités de l'extérieur de la classe (parents, autres éducateurs, direction, etc.) et les inclure dans un processus de remise des prix digne des Oscars! Il y a là aussi une belle occasion d'impliquer collectivement votre classe dans la préparation de cette séance , qui peut alors devenir un projet en elle-même: planification du déroulement, publicité, invitations, accueil des invités, témoignages, remerciements, etc.

Dans tous les cas, prévoyez un scénario qui maintienne une forme de suspense. Cela peut consister à présenter les équipes en ordre inverse de leur classement final ou à prévoir des mentions ou des récompenses inattendues. De façon à mettre le plus d'équipes possible en valeur, il serait sage de prévoir des catégories de prix qui ne concernent pas seulement le classement final : esprit sportif, persévérance, humour, voilà autant de qualités qui peuvent être également soulignées.

Quant aux prix eux-mêmes, il s'agira essentiellement d'un certificat (que l'élève pourra ensuite inclure dans son portfolio). Il vous appartiendra de juger de la pertinence d'ajouter une récompense matérielle dans certains cas (billet de tirage, laissez-passer, T-Shirt ou autre bricole amusante).


7. LES SUITES PÉDAGOGIQUES

Malgré son côté spectaculaire, il ne faut pas perdre de vue que le rallye est un prétexte à des apprentissages et que ces apprentissages doivent être réinvestis. Il faut donc, dans la foulée de la fin de la mise en situation que constitue le rallye, activer assez rapidement le projet post-rallye. Ce projet peut être de deux ordres.

Il doit d'abord concerner la thématique elle-même. Avec les renseignements accumulés sur le sujet au cours du rallye, les élèves peuvent être invités à rédiger un texte d'information ou d'opinion, à préparer un exposé oral, à participer à une table ronde ou à une discussion. Dans le cadre d'un projet plus ambitieux, si la thématique s'y prête, on peut même préparer une activité collective telle qu'un mini-colloque, une exposition, un dossier spécial du journal scolaire ou une section sur le site Web de la classe ou de l'école. Cette formule présente l'avantage de permettre des tâches diverses et de varier la forme du réinvestissement demandé à l'élève, selon la répartition collective des tâches.

Le réinvestissement peut aussi concerner l'expérience du rallye en elle-même. Les élèves peuvent être amenés à témoigner de leur expérience ou à expliquer, sur la base du vécu, en quoi consiste un rallye virtuel. Il y a là une matière intéressante pour un échange télématique avec des correspondants étrangers ou pour un article du journal scolaire.


Il ne nous reste plus qu'à vous souhaiter bien du plaisir dans la conception de votre premier rallye virtuel. Elle exigera du temps, des efforts et de la persévérance, mais vous en serez certainement récompensé par l'enthousiasme de vos élèves