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| L'exposition | |||
Le présent guide pédagogique vise à outiller des enseignants du primaire qui désireraient se lancer, avec leur groupe délèves, dans la réalisation dune exposition.
Compte tenu de la diversité des modalités de réalisation possibles dun tel projet, ce guide ne prétend pas fournir une série de scénarios dactivités "clés en mains" comme le ferait un manuel scolaire. Il vise plutôt à clarifier une problématique de base, à présenter une liste de décisions qui devront être prises par lenseignant et son groupe dans la réalisation du projet et à proposer des pistes dactivités.
Ce projet est conçu à lintention plus particulière des classes du deuxième cycle du primaire (3e et 4e années). Lorsquil sera pertinent de le faire, des suggestions denrichissement et dapprofondissement seront faites à lintention des classes du 3e cycle (5e et 6e années).
Lexposition est essentiellement un projet de communication et, à ce titre, concerne doffice le programme de français. Par contre, compte tenu du choix possible de certaines thématiques et du travail de recherche qui pourra être demandé aux élèves en cours de réalisation, le projet pourra intégrer des apprentissages provenant aussi bien du Programme des programmes que de certains autres programmes disciplinaires.
La réalisation dune exposition est un projet de communication riche en apprentissages potentiels et une source de motivation importante pour les élèves.
Ils y trouvent en effet :
Du point de vue de lenseignant, ce projet permet une grande souplesse dans la prise en compte du temps consacré, de lambition du produit final et de lorientation du contenu et, de façon plus pratique, des ressources matérielles et techniques disponibles.
En effet, des paramètres tels que la durée de lévénement, le nombre de kiosques, les activités danimation, la signalisation et la décoration, de même que la structure thématique de lexposition relèvent entièrement de lenseignant et de son groupe et permettent de moduler facilement le temps et lénergie requis par la réalisation dun tel projet.
En soi, le projet na pas un très fort contenu technologique : une exposition pourrait parfaitement se monter sans le recours à lordinateur et cest ainsi quon les a montées bien avant larrivée des TIC dans les écoles!
Toutefois, lordinateur peut simplifier considérablement la tâche, et cest dans cette perspective que nous aborderons le projet. Lapport des technologies peut être de trois ordres :
- laffichage, la signalisation et la publicité. Une exposition exige une quantité considérable daffiches, décriteaux, de notices didentification. Pour les petits documents (de format lettre ou plus petits), un traitement de texte peut suffire. Mais pour les documents de plus grand format, et particulièrement pour les documents riches en couleurs, un éditeur graphique tel que CorelDraw ou un éditeur électronique comme Publisher est un incontournable.
- la production de documents dexposition. Nous le verrons, une exposition doit être bien plus visuelle quécrite. Il reste toutefois que certains textes courts, tels que quizz, citations, etc., devront être réalisés en traitement de texte.
- la gestion. Au minimum, il faudra réaliser un plan à léchelle de toute laire dexposition, de façon à pouvoir déterminer lemplacement des kiosques. Chaque kiosque pourrait aussi faire lobjet dun plan à léchelle. Ici, il faudra se servir dun éditeur graphique vectoriel, permettant la manipulation facile dobjets ainsi que du graphisme à laide dunités de mesure précises. Il reviendra à lenseignant de déterminer si les élèves seront impliqués ou non dans ces opérations de planification. De même, si on souhaite faire les choses " en grand ", un tableur comme Excel rendra de grands services au chapitre de la comptabilité ou des statistiques de fréquentation, par exemple.
- la démonstration. Cette fonction doit être réservée aux expositions de grande envergure, et dans les écoles où lon dispose de ressources technologiques importantes. Dans de telles expositions, lordinateur peut dépasser le rôle doutil de production et être intégré à lexposition. On peut ainsi présenter des diaporamas, des sites Web, des simulations et même utiliser des postes de travail à des fins interactives (des quizz, par exemple, ou des visites virtuelles). Nous ninsisterons pas sur ces aspects très sophistiqués (qui requièrent presque toujours laide dun technicien pour linstallation, et la maîtrise de logiciels diversifiés); il faut cependant savoir que la chose est possible.
Il nest pas facile de déterminer où commence et où sarrête une véritable exposition. Du simple affichage de dessins sur quelques babillards à lexposition multimédia quasi-professionnelle, la gamme est très étendue. Nous vous proposons ci-dessous une définition dune exposition réalisable dans le contexte dune école primaire avec des ressources dusage courant.
1 UN ÉVÉNEMENT
Il existe, bien sûr, des expositions permanentes, dont on renouvelle périodiquement le contenu. Mais le cas est rare en milieu scolaire. La plupart du temps, lexposition est une manifestation bien circonscrite dans le temps (un week-end ou quelques soirées, par exemple), qui couronne un long travail de préparation et qui fait lobjet dannonces et dinvitations.
Le caractère exceptionnel de cet événement entraîne un certain nombre de contraintes. Habituellement, le local où se tient lexposition est disponible pour un temps limité; le montage de lexposition doit donc se faire en peu de temps et il est donc dautant plus important de le planifier soigneusement et de le coordonner rigoureusement.
De plus, comme le succès dune exposition repose essentiellement sur la présence de visiteurs, un tel projet comprend obligatoirement un important volet de publicité et de marketing.
2. UN ESPACE AMÉNAGÉ
Quelques rares expositions peuvent se présenter sous forme dun parcours à travers lécole. Limmense majorité, toutefois se concentrent dans une grande salle (gymnase, salle polyvalente, cafétéria) provisoirement détournée de sa vocation première pour la circonstance. On peut aussi utiliser deux ou trois salles de classes adjacentes, mais ce nest pas lidéal. Pour les fins du présent guide, nous partirons donc de lhypothèse dun espace unique.
La plupart des expositions scolaires se tiennent à lécole, ce qui est à la fois commode et normal. Mais il faut garder à lesprit que des lieux publics (centres commerciaux, salles dattente, etc.) peuvent aussi être utilisés. Dans ces cas, lorganisation est plus compliquée, évidemment : il faut demander des permissions, organiser des partenariats, prévoir le transport, etc.). Par contre, il est peut-être plus facile daller vers un public déjà existant que damener le public à lécole, dune part; et, dautre part, lexpérience dintégrer une activité scolaire dans un lieu de la " vraie vie " peut présenter des bénéfices pédagogiques et éducatifs certains.
Une exposition est conçue pour que des invités la visitent en circulant dun point dintérêt à un autre. Ces points dintérêt prennent généralement la forme de kiosques, cest-à-dire un espace souvent délimité par des écrans ou des panneaux, et à lintérieur duquel on trouve habituellement une table et, parfois, des présentoirs.
Cet espace devra être aménagé en répartissant judicieusement les kiosques et les allées pour circuler, de façon à permettre aux visiteurs de circuler facilement dun kiosque à lautre, et de le faire systématiquement (en sassurant de visiter tous les kiosques et en nétant pas forcé de rebrousser chemin).
Un kiosque daccueil doit être prévu à lentrée de la salle. Selon la saison, la clientèle et les facilités disponibles dans lécole, il peut être nécessaire de prévoir une certaine logistique : vestiaire, poubelles, bancs, etc.
Finalement, certains éléments dexposition pourront exiger des aménagements particuliers : rallonge électrique, écran de projection, etc.
Un tel projet ne se réalise pas sans un plan densemble qui doit posséder à la fois une logique : de contenu (thématique), spatiale (le flux des visiteurs) et fonctionnelle (les ressources matérielles disponibles).
Il sera donc essentiel de savoir, très tôt dans la réalisation du projet, dans quel local se tiendra lexposition et de tenir compte des caractéristiques du local (superficie utilisable, éclairage, issues, etc.) en déterminant le nombre et lemplacement des kiosques.
Il faudra également savoir dès le début de quelles ressources matérielles on pourra disposer (meubles, panneaux, etc.) et où on pourra se les procurer (école, commission scolaire, emprunt, location, etc.).
3. UN RASSEMBLEMENT THÉMATIQUE , ORGANISÉ ET ESTHÉTIQUE DOBJETS
Il existe, bien sûr, des expositions générales de travaux délèves où ces derniers, selon leurs intérêts ou leurs connaissances, présentent leurs réalisations. Mais, si lon ny prend garde, une telle exposition déléments hétéroclites risque de tenir davantage du marché aux puces ou de la vente de garage que de lexposition.
Un bon moyen de donner de la cohérence à lexposition est de la centrer sur une thématique, dont chaque kiosque développe un aspect. Tout le monde connaît les fameuses " Expo-sciences ", qui ont poussé très loin le concept dexposition pédagogique. Mais il est possible dexploiter des thématiques dans une foule de domaines : histoire (personnages, éléments de la vie quotidienne, événements, ), géographie (pays, régions, phénomènes naturels, ), arts, médias, etc.
Non seulement une thématique permet-elle un véritable travail collectif sur le plan du contenu (recherche et partage dinformation, discussions collectives sur les aspects à traiter), mais elle rend aussi lexposition plus mobilisatrice et plus facile à mettre en marché et à publiciser auprès des visiteurs potentiels. Une exposition annoncée sous le titre " Je moccupe de ma santé " ou " Les tours de magie ", par exemple, est plus attrayante que " Exposition des travaux des élèves de lécole ".
En outre, une exposition doit donner à voir (et, parfois, donner à entendre et donner à toucher). Ce nest pas une bibliothèque temporaire où lécrit se taille la première place : les visiteurs nont que peu de temps à consacrer à chaque kiosque et nont que faire de livres, documents et autres " travaux de recherche ".
Laspect visuel est donc déterminant. La matière première de lexposition, ce sont des objets ou des représentations : maquettes, dessins, photos, schémas. Ces éléments dexposition peuvent, selon les cas, avoir été trouvés ou collectionnés; ou, plus fréquemment, produits par les élèves.
Finalement, la disposition de ces objets devra être pensée en fonction de critères :
- fonctionnels (le visiteur devra pouvoir les voir clairement et facilement);
- informatifs (le visiteur devra apprendre des choses de sa visite et comprendre facilement le sens de ce quon lui montre);
- esthétiques (les objets devront être mis en valeur et le coup dil densemble dun kiosque devra être agréable et harmonieux).
4. UNE ANIMATION
Le visiteur sera davantage intéressé par lexposition et y consacrera plus de temps si, au lieu de simplement le faire se promener comme devant les étalages dun magasin, on lui donne loccasion dinteragir. Une exposition réussie devra donc intégrer des éléments danimation.
Dans sa forme la plus simple, lanimation consistera dans les explications que les élèves pourront donner aux visiteurs et dans les réponses quils pourront fournir aux questions posées. Il sagit ici dinteractions verbales.
Dans une forme plus sophistiquée, les interactions permettront au visiteur de manipuler, dexpérimenter, de faire une simulation, de jouer un rôle, de chercher des indices, de mettre ses connaissances à lépreuve dans un quizz
La plupart de ces animations sont intégrées dans un kiosque donné (ou constituent lobjet de ce kiosque). Mais on peut aussi prévoir, selon un horaire annoncé et si le local sy prête, certaines animations collectives : conférences, démonstrations, récitals, discussions, tirages,
5. DESTINÉS À UN PUBLIC
Au-delà de sa thématique et de ses objets, une exposition est, ne loublions jamais, un projet de communication : visuelle, orale, écrite, graphique, multimédia. Elle est donc, comme toute communication, préparée en fonction dun interlocuteur : ici, cest le visiteur, dont les élèves devront avoir une préoccupation constante. Pendant sa visite, bien sûr (ce qui renvoie à des attitudes de politesse, daccueil, douverture), mais aussi et surtout pendant la phase de préparation, en se mettant mentalement à la place de ce visiteur, de façon à prévoir ses besoins et ses attentes et à lui rendre sa visite agréable et instructive.
Une exposition nest rien sans ses visiteurs et il faut donc tenir compte du public-cible. Dans la majorité des cas, lexposition aura lieu à lécole et les visiteurs seront principalement les élèves des autres classes et les parents. Si, au contraire, lexposition a lieu dans un endroit public ou à loccasion dune manifestation publique, elle vise alors le grand public, à moins quelle nait lieu dans un contexte particulier dont il faudrait alors tenir compte (congrès, centre daccueil, etc.).
Dans le cas le plus fréquent, celui dune exposition à lécole, ce serait une bonne idée que de prévoir que la visite des élèves des autres classes se fasse à lintérieur des activités scolaires. Une collaboration avec les enseignants des classes concernées permettra, par exemple, de jumeler des activités pédagogiques ou de préparer les autres élèves à la visite. Quant aux parents (qui viendront sans doute en soirée ou pendant la fin de semaine), une fois sur place, ils constituent habituellement un public sympathique et gagné davance. Le défi consistera à les faire se déplacer à lécole expressément pour lexposition. Une stratégie intéressante peut consister à jumeler lexposition avec une autre activité de lécole à leur intention (réunion, remise de bulletins, rencontres déducateurs, souper communautaire, etc.)
1. LE THÈME
En fait, cest LA grande décision, car elle va conditionner tous les aspects de lexposition, aussi bien son contenu que son animation et sa mise en marché.
Le thème peut provenir de tout sujet pertinent aux apprentissages scolaires prévus dans les programmes détudes. Les thématiques prévues par le Programme des programmes au chapitre des domaines dexpérience de vie, notamment, sont une source privilégiée dinspiration.
Il faut aussi que le thème soit suffisamment intéressant pour les élèves, compte tenu de leur âge et de leur milieu, ainsi que pour le public auquel on destine cette exposition. Le choix du thème devrait, normalement, être le résultat dune discussion et dune prise de décision collectives (lenseignant et son groupe délèves),
Le thème doit être suffisamment général pour permettre un grand nombre de réalisations diversifiées organisées dans un tout cohérent. Il faut renoncer, selon nous, aux thématiques trop " pointues " qui vont condamner les kiosques à être répétitifs, chaque équipe délèves présentant " sa " version dun même sujet. Il est préférable de disposer dune thématique qui permettra aux kiosques dêtre complémentaires les uns des autres plutôt que des variations autour dun même thème ou des reflets les uns des autres.
En outre, si lexposition est pensée comme un tout, chaque équipe se sentira davantage responsable de sa partie au sein dun projet collectif que si lexposition est une simple juxtaposition spatiale de projets individuels sans lien entre eux ou en concurrence les uns avec les autres. Il faut davantage penser " musée " que " marché aux puces "!
Finalement, toutes choses égales par ailleurs, un critère peut faire pencher la balance dans un sens plutôt que dans un autre lorsque lon hésite entre plusieurs thèmes possibles : la capacité du thème dêtre exploité par des éléments visuels, et particulièrement par des objets. Un thème tel que les moyens de transport ou la ville du futur, par exemple, peut facilement donner lieu à des maquettes; une exposition sur les hobbies préférés des élèves permettra de mettre en valeur une foule dobjets apportés de la maison; et ainsi de suite. Au contraire, un thème plus abstrait comme les grands personnages historiques risque de se composer de beaucoup de photos et de résumés biographiques, nettement moins attrayants pour un visiteur.
Il est évident que la choix du thème doit être le résultat dune discussion collective entre lenseignant et son groupe délèves, Ces derniers ne seront sûrement pas à court didées; le rôle de lenseignant, plus à même dévaluer la praticabilité et le potentiel créatif dun thème, consistera à canaliser les énergies du groupe vers un projet réalisable.
2. LES CONTRAINTES PRATIQUES
Avant de mettre les élèves au travail et même avant de leur présenter le projet, il est essentiel de connaître précisément les limites auxquelles se heurtera le projet. Cest à lenseignant quil appartient de faire les recherches et les démarches préalables. Ces contraintes pratiques concernent essentiellement
Compte tenu des choix précédents, il est possible quil faille, parallèlement, organiser des moyens de financement. Oublions tout de suite lidée dun prix dentrée : ce mécanisme rebutera une bonne partie de la clientèle. Mais lorganisation dun kiosque de rafraîchissements payants pour les visiteurs pourra produire des revenus dappoint qui permettront de boucler un budget trop serré. Sinon, il faudra se tourner vers des activités de financement plus traditionnelles : recherche de commanditaires, vente de produits, tirage, etc.
Tous ces aspects relevant des contraintes pratiques et matérielles sont, au premier titre, la responsabilité de lenseignant, qui devra, dentrée de jeu, les présenter à ses élèves comme des balises incontournables.
3. LES ÉLÉMENTS INTÉGRATEURS COLLECTIFS
Malgré la diversité des kiosques et des objets exposés, il importe de conserver aux différents éléments de lexposition un " air de famille ", une unité densemble. Voici des éléments qui peuvent y concourir :
Les décisions relatives aux éléments intégrateurs doivent se prendre en groupe : discussions, brainstorming, concours, votes, etc.
4. LANIMATION COLLECTIVE
Il faudra décider assez tôt si lexposition se composera uniquement de la visite des divers kiosques ou si certaines activités spéciales collectives (non liées à un kiosque en particulier) sont à prévoir : spectacle, conférence, discours, etc. Le cas échéant, il faudra en tenir compte dans laménagement de la salle, ne serait-ce que pour dégager un lieu de rassemblement des visiteurs.
Dans tous les cas, et ne serait-ce que pour des raisons de sécurité, un système de sonorisation est à prévoir. Il permettra de faire des annonces collectives et aussi, si cest pertinent, de diffuser un environnement musical.
Il faudra finalement prévoir quels services seront offerts aux visiteurs (accueil, remise de documentation, accompagnement, garderie, etc.) et en tenir compte dans lattribution des tâches.
4. LORGANISATION DES TÂCHES
Contrairement à la réalisation dun journal ou dun site Web, où les productions sétalent dans la durée et peuvent ainsi permettre une rotation des tâches, lexposition est un événement unique qui, vraisemblablement, ne se tiendra quune seule fois au cours de lannée scolaire. Il importe donc, ne serait-ce quà des fins de justice dans lévaluation des apprentissages, dimpliquer tous les élèves dans des tâches similaires qui mettent en jeu des compétences intellectuelles et méthodologiques (recherche et organisation de linformation), des habiletés sociales (travail déquipe, acceptation de responsabilités) et des habiletés techniques (graphisme, montage des kiosques, rangement et nettoyage, etc.).
Nous vous suggérons vivement de diviser votre groupe en autant déquipes quil y aura de kiosques, de façon que chaque élève soit associé à la réalisation dun kiosque précis au sein dune équipe dûment identifiée, responsable de tous les éléments de ce kiosque : matériel, contenu informatif, identification et signalisation, animation, montage et démontage.
Procédez ensuite à un inventaire des tâches générales, cest-à-dire celles qui ne sont pas liées à un kiosque précis : tours de garde à laccueil des visiteurs ou au vestiaire, production du plan des lieux ou des éléments généraux de signalisation, montage et démontage des éléments généraux, nettoyage, publicité, etc., etc. Répartissez ensuite toutes ces tâches entre lensemble des élèves, en tenant compte à la fois de leurs intérêts individuels et de la nécessité de la contribution de chacun au bon fonctionnement et au succès de lexposition.
Nous vous proposons ci-dessous les grandes étapes dune démarche qui conduira à la réalisation de votre exposition. Nous supposons, à ce stade, que les grandes décisions énumérées à la section précédente ont été prises et que vous avez donc déjà déterminé le sujet de votre exposition, sa date, son lieu, ainsi que les contraintes pratiques quil vous faudra respecter.
Il faut également être conscient quil est parfaitement possible de réaliser une exposition fort présentable sans nécessairement réaliser toutes les étapes qui suivent. Nous avons choisi, comme dans dautres guides de la même collection, den énumérer plus que moins, en vous laissant le soin de retenir ce qui vous convient.
Par contre, il faut toujours garder à lesprit, selon nous, que le but dun tel projet nest pas de réaliser une exposition (ça, cest le produit fini!), mais de faire réaliser des apprentissages à loccasion dune exposition qui, comme tout projet en milieu scolaire, nest quun prétexte à des apprentissages. Ainsi, il est parfaitement possible de réaliser une exposition sans passer par le plan à léchelle (que nous évoquons à létape 4 ci-dessous); par contre, cette étape nous semble une occasion naturelle et signifiante de faire acquérir aux élèves des compétences disciplinaires en mathématique, par exemple, ou des compétences transversales relatives à la planification.
1) LES PRÉALABLES
Un tel projet ne sannonce pas de but en blanc en classe sans une préparation soigneuse du terrain. Essentiellement, cette phase vise à réunir deux préalables :
- la motivation des élèves à réaliser une exposition;
- la connaissance de base des caractéristiques dune exposition, avec les possibilités et les contraintes inhérentes à ce mode de communication.
Lidéal serait de commencer par leur en faire visiter une si le calendrier et les manifestations publiques de votre milieu permettent facilement lorganisation dune telle sortie. Non seulement sagit-il dune belle activité éducative à réaliser en soi, mais, en ayant en tête votre projet de réaliser vous-même votre propre exposition avec votre groupe, vous pourrez de plus orienter la visite pour leur faire observer lorganisation et laménagement de lexposition visitée tout autant que son contenu.
Au retour, lors dune discussion collective sur la visite effectuée, il sagira de faire dégager aux élèves, à partir de ce quils auront observé, les principales caractéristiques dune exposition, telles que nous les avons définies dans la première section du présent guide.
Sil nest pas possible dorganiser une telle visite, il faudra se résigner à faire appel à lexpérience individuelle des élèves (visites passées de musées ou dexpositions commerciales) pour atteindre le même objectif.
2) L'ARTICULATION DU CONTENU
Une fois quon a choisi le thème et que lon connaît le nombre maximal de kiosques quil est possible daménager dans la salle, létape suivante consiste à développer le thème en aspects, à raison dun aspect par kiosque.
Il sagit essentiellement dun travail de planification, comparable à lélaboration du plan dun travail de recherche. Une exposition sur les Jeux Olympiques, par exemple, se subdivisera en aspects tels que lhistorique des Jeux, les diverses disciplines, le dopage et les contrôles médicaux, les records, etc., etc.
Au terme de cette étape, on devrait pouvoir disposer dune liste numérotée des divers kiosques à élaborer et assigner la préparation de chaque kiosque à une équipe délèves
3) LA CONCEPTION DES KIOSQUES ET LA PRODUCTION DES PIÈCES D'EXPOSITION
Avant de mettre les équipes délèves au travail pour concevoir leur kiosque, il est essentiel que lenseignant leur fournisse le plan-type dun kiosque, cest-à-dire lespace et les ressources matérielles qui sont à la disposition de chaque équipe, ainsi que les éléments que doit nécessairement contenir tout kiosque.
Un tel plan-type doit notamment préciser :
- lespace (laire de plancher) alloué à chaque kiosque;
- la superficie daffichage disponible sur les panneaux ou les paravents;
- le mobilier disponible (généralement, une table dont on précisera les dimensions;
- les normes didentification (titre du kiosque, noms des participants), ainsi que les maquettes électroniques disponibles pour produire les écriteaux correspondants.
Les équipes délèves sont ensuite invitées à élaborer un devis de leur kiosque, cest-à-dire un plan du contenu et de leurs besoins. Ce devis peut être, selon lâge des élèves et les choix de lenseignant, plus ou moins formel, allant du formulaire structuré au bilan verbal; mais il doit fournir une représentation claire de ce que sera le kiosque une fois réalisé. Un tel devis doit notamment contenir :
- la liste des pièces dexposition, cest-à-dire objets, maquettes, photos, documents, affiches quil sagira de produire ou de rassembler pour les présenter au public;
- sil y a lieu, les idées danimation, telles que démonstrations, expérimentations, quizz, etc.;
- les besoins en matériel (qui peuvent aller darticles simples de papeterie jusquà un ordinateur, en passant par des présentoirs ou des pièces dexposition elles-mêmes), en précisant lesquels peuvent être assumés par les élèves eux-mêmes et lesquels requièrent des ressources de la classe.
Cette phase est cruciale, car elle structurera non seulement le contenu final de lexposition mais aussi lessentiel du travail de élèves. Il convient dadopter ici une approche intégralement coopérative, et de favoriser la présentation au groupe et la discussion collective des devis de chaque équipe, de façon à partager des idées, à critiquer la faisabilité de chaque kiosque et à recueillir les suggestions damélioration. Lenseignant, de son côté, ne devra pas être avare de sa créativité pour alimenter les différentes équipes en idées.
Avant de finaliser un devis de kiosque, les élèves devront, dans la plupart des cas, effectuer des recherches préliminaires, que ce soit pour trouver des idées ou pour mieux délimiter le sujet quils ont à traiter. On pourra, pour cela, se servir des indications relatives à la recherche documentaire qui sont disponibles dans nos didacticiels de la série Recherché sur Internet.
À laide dun tel devis, après approbation, chaque équipe délèves devrait disposer dune représentation claire et opérationnelle de ce quelle doit produire pour réaliser son kiosque. Il faut ensuite prévoir une période assez longue pour que les élèves produisent effectivement leur matériel. Il importe aussi de fixer un échéancier de production et une date de tombée où le matériel de chaque kiosque aura effectivement été produit.
4) LE PLAN D'ENSEMBLE DE L'EXPOSITION
Parallèlement à ce travail déquipes, une vaste opération collective est à mener : laménagement global de lexposition. Comme le montage dune exposition est, essentiellement, une activité dorganisation de lespace, il y a là une belle occasion dintégrer à cette phase de nombreux apprentissages relevant de la mathématique et, particulièrement, du mesurage.
Le produit final visé au cours de cette étape est un plan à léchelle de la salle dexposition, sur lequel on devra retrouver la représentation de chacun des kiosques.
Il appartient à lenseignant, compte tenu de lâge des élèves, de déterminer si les aspects techniques de la production de ce plan (mesurage, respect de léchelle, etc.) doivent être assumés par lui ou si les élèves peuvent y être impliqués. De même, compte tenu des ressources technologiques disponibles et de son degré de familiarité avec les technologies, il lui appartiendra de décider si ce plan sera produit à laide dun éditeur graphique ou si on recourra, au contraire, à des moyens plus traditionnels, tels règle graduée, crayons-feutre et papier à construction. Limportant, cest de pouvoir disposer dune représentation graphique à léchelle de la salle sur laquelle on pourra déplacer les éléments mobiles (à léchelle eux aussi) tels que les kiosques.
Même si lenseignant décide de se réserver lessentiel de ce travail (et cest ce que nous suggérons, au moins pour les deux premiers cycles du primaire), une étape collective est incontournable : laménagement global de lexposition.
Au cours dune discussion collective, lenseignant devra faire découvrir à ses élèves les principaux critères daménagement; parmi ceux-ci, mentionnons :
- les nécessités fonctionnelles de circulation des visiteurs (accueil, aires de rassemblement, allées de circulation, etc.);
- la logique du contenu (répartition des sections de la salle en fonction des aspects de la thématique, décision de laisser les visiteurs libres de circuler à leur guise ou de leur imposer un parcours séquentiel, etc.)
- léquilibre dans la mise en valeur des divers kiosques : on devra viser à ce que, dans la mesure du possible, tous les kiosques aient des chances comparables dattirer des visiteurs, en évitant la création despace privilégiés ou de kiosques-vedettes.
Cest également lors de cette phase quil faudra déterminer quels éléments collectifs sont à produire. Il sagit notamment :
- du plan et, éventuellement, du prospectus de lexposition à remettre à chaque visiteur lors de son arrivée;
- des éléments de signalisation qui permettront aux visiteurs de se repérer et de circuler facilement : numéros didentification des kiosques; flèches indiquant le sens de la circulation; signalisation, sil y a lieu, dactivités ou de services (toilettes, comptoir de rafraîchissements, vestiaire, etc.); horaire de certaines manifestations, etc., etc.
- sil y a lieu, des éléments publicitaires ou décoratifs tels quaffiches, macarons, banderolles, etc.
Il faut ensuite procéder à la répartition des tâches qui découlent de ce plan densemble et les inscrire dans léchéancier de production global.
5) LA PUBLICITÉ
Dans les semaines précédant lévénement, le public potentiel de lexposition (et particulièrement les parents de lécole) devront être informés de cette manifestation et recevoir une invitation. Selon lampleur de lexposition, la stratégie publicitaire pourra inclure un ou plusieurs des éléments suivants :
- lettre dinvitation aux parents;
- invitation personnelle de certains commanditaires ou membres en vue de la communauté (maire, député, curé, journaliste local, etc.);
- tournée des autres classes de lécole;
- communiqué au journal local;
- pose daffiches (avec permission, bien sûr!) dans certains endroits publics (centre commercial, caisse populaire, église, commission scolaire, etc.);
Des apprentissages significatifs pourront être réalisés à loccasion de cette étape, particulièrement en matière de communication écrite et déducation aux médias.
6) LE MONTAGE
En général, on ne dispose de la salle que peu de temps avant lévénement proprement dit : parfois la veille et souvent seulement le matin même. Il faut donc soigneusement planifier lopération, puisque, la plupart du temps, lensemble de lexposition devra être monté en quelques heures à peine.
Lenseignant se sera préalablement assuré (avec le concierge, généralement) de la disponibilité sur les lieux de tous les éléments de mobilier, et particulièrement des panneaux, des paravents et des tables. Il en va de même (cette fois avec un technicien, vraisemblablement) si lexposition nécessite des installations électriques ou technologiques particulières (rallonges électriques, ordinateurs, système de son, projecteur, etc.). Ces aspects ne devraient pas être confiés à des élèves. Si cela dépasse le temps physique dont dispose lenseignant, on peut faire appel à laide de parents bénévoles.
Si lécole dispose dun local pouvant servir, quelques jours auparavant, au stockage des divers éléments dexposition qui composeront les kiosques, il faudra demander aux élèves de livrer leur matériel davance, de façon à sassurer que tout soit sur place le jour du montage. Il sera ainsi facile, avant les grandes manuvres, deffectuer une dernière vérification et de pallier à certains imprévus de dernière minute.
Il est aussi nécessaire de préparer, en prévision du " grand jour ", une trousse du " parfait petit installateur " : outils (marteau, tournevis, pinces, ciseaux, tranche, X-Acto, agrafeuses, etc.) ainsi que du matériel de nécessité courante : ruban adhésif, punaises, nappes de papier, crayons feutre, etc., etc. Prévoir aussi (on ny pense pas nécessairement) une trousse de premiers soins : un travail manuel comme celui-là peut facilement causer écorchures, coupures et autres blessures mineures.
Lenseignant sera également bien inspiré de se constituer une liste de vérification, quil pourra cocher au fur et à mesure que les opérations seront effectuées.
Le moment du montage venu, il faut, avant demmener les élèves à la salle dexposition, tenir un " briefing " en bonne et due forme et leur donner des consignes précises et fermes concernant :
- les tâches que chaque équipe doit assurer : le montage de leur kiosque, bien sûr, mais aussi leur participation à certains tâches collectives;
- lhoraire quil sagit de respecter, tant pour le montage des kiosques individuels que pour les tâches collectives;
- la sécurité , tant dans les déplacements que dans lutilisation des outils et des appareils;
- le respect du matériel et du local, particulièrement au chapitre de la propreté.
Une fois que tous les éléments de lexposition seront en place, vous ne serez quà quelques heures de louverture officielle de lexposition. Il vous restera à :
- procéder à une ultime inspection de tous les kiosques et, à laide de votre liste de vérification, vous assurer que tout est prêt;
- organiser une corvée de nettoyage pour que la salle soit propre et accueillante;
- tenir un ultime " briefing " avec votre groupe et passer vos consignes pour le déroulement de lexposition, et notamment celles concernant :
- les heures de présence à leur kiosque;
- les tours de garde et la répartition de certaines tâches collectives (accueil des visiteurs, distribution des prospectus, etc);
- sil y a lieu, lhoraire de certaines activités spéciales au cours de lexposition;
- lattitude à avoir envers les visiteurs : au premier titre la politesse, bien sûr, mais aussi louverture, la bonne humeur et la disponibilité.
7) L'ÉVÉNEMENT
On donnera à lexposition un caractère officiel (et très motivant pour les élèves) en prévoyant une brève cérémonie douverture. Un petit discours dencouragement prononcé par le direction de lécole ou le président du conseil détablissement ou un invité de marque, avec peut-être un couper de ruban inaugural, suffira à marquer formellement le début de la manifestation et lui donnera, dans lesprit des élèves, un caractère de sérieux qui les motivera à donner le meilleur deux-mêmes pour la réussite du projet.
Il appartiendra à lenseignant de déterminer sil veut injecter dans le projet une dose de compétition de bon aloi. On peut par exemple demander aux visiteurs de remplir un bulletin de vote pour le meilleur kiosque ou constituer à cette fin un jury déducateurs ou dinvités spéciaux. Dans ce cas, une cérémonie de clôture et de remise des prix pourra constituer le couronnement de lévénement. Il importe toutefois que cette dimension compétitive ne soit quun moyen dagrémenter lévénement et nen constitue pas la motivation principale. Là comme ailleurs, il faudra aussi reconnaître non seulement la performance, mais aussi des qualités sociales comme lesprit déquipe, le souci de service, la débrouillardise.
Lexposition peut alors suivre son cours. Le déroulement de lexposition dépend trop étroitement du thème, de lâge des élèves, de lampleur du projet et de son organisation générale pour quil soit ici possible de détailler un déroulement-type. Nous vous mentionnons cependant certains aspects généraux à surveiller, valables pour toute exposition :
- Idéalement, efforcez-vous dassurer une présence constante tout au long de lévénement. Soyez le premier à pénétrer dans la salle et le dernier à la quitter. Sil vous est impossible dêtre là en permanence, veillez à vous faire remplacer par un adulte digne de confiance, préférablement un collègue de lécole. Dailleurs, il serait prudent davoir toujours au moins deux adultes sur place : si lun deux est requis par un imprévu ou une situation durgence (par exemple pour reconduire chez lui un élève malade), lautre pourra assurer la permanence.
- Assurez une présence active. Circulez constamment dun kiosque à lautre, encouragez vos élèves et soyez facilement accessible pour les dépanner.
- Ne parlons pas de malheur, mais ayez toujours une préoccupation de sécurité. Assurez-vous que les issues sont toujours libres au cas où une évacuation durgence serait nécessaire. Voyez à ce que les installations soient solidement fixées, que les rallonges électriques soient collées au plancher, que les renversements de liquides soient promptement épongés, etc., etc. De même, assurez-vous que, entre les séances ouvertes au public, le local soit fermé à clé et mettez sous clé les objets de valeur (les appareils électroniques, particulièrement). Si une activité de financement sur place entraîne de la manipulation dargent, instaurez des mécanismes de contrôle serrés et faites régulièrement la cueillette des recettes.
- Vous voudrez sans doute (et vos élèves aussi bien , probablement) conserver des souvenirs de cet événement. Prévoyez donc la prise de photos ou le tournage de quelques séquences vidéo : il sera trop tard pour regretter, le lendemain de lévénement, de ne pas y avoir pensé. Vous pourrez discuter ensuite avec vos élèves des moyens de rendre accessibles ces souvenirs. De même, le jumelage de cette activité avec un reportage du journal scolaire ou du site Web de lécole peut assurer à lévénement une diffusion intéressante. Pensez aussi, si vous entendez organiser de telles expositions sur une base annuelle, quil peut y avoir là matière à inspirer vos futurs élèves et à leur donner des exemples concrets dune exposition réussie.
8) LE DÉMONTAGE
Le démontage de lexposition devra être planifié aussi soigneusement que lavait été son montage, et tous les élèves devront y participer, selon une répartition de tâches équitable et rigoureuse.
Il faudra sans doute sassurer la collaboration du concierge (et parfois, dans le cas dinstallations technologiques, dun technicien) pour récupérer, transporter en entreposer tout le matériel appartenant à lécole : mobilier, équipement électronique, etc. Par ailleurs, tout le matériel emprunté à des individus ou à des organismes extérieurs devra être mis en lieu sûr et des dispositions devront être prévues pour sa récupération par le propriétaire.
Les productions des élèves leur appartiennent, mais ils en sont responsables. Ils doivent déterminer, lexposition terminée, ce quils veulent rapporter à la maison et ce dont ils entendent se départir. Et prévoyez des sacs-poubelles et des bacs de récupération en grande quantité!
Quant au matériel collectif produit pour lexposition, il vous appartient de faire le tri entre ce qui peut être réutilisable (et qui devra donc être entreposé pour utilisation future) et ce dont on doit disposer.
Il faut veiller à ce que la salle soit laissé dans un état impeccable et un nettoyage en règle simpose : décrochage des affiches, élimination des traces de ruban adhésif, ramassage des déchets, balayage du plancher.
Si des affiches ont été placardées, à des fins publicitaires, dans dautres lieux que la salle (et particulièrement dans des endroits publics), il faut prévoir aller les faire décrocher dans les jours qui suivent; cest la moindre des politesses pour ceux qui vous ont prêté leurs murs!
Finalement, tout dépendant du moment et de lheure de la fin du démontage, il peut être de bon ton de prévoir une brève activité de " debriefing " et de célébration avec votre groupe délèves. Le retour éducatif et pédagogique sur lactivité pourra se faire en classe les jours suivants; mais un petit mot de félicitations et de remerciement de votre part, assorti peut-être dune petite collation, constituera une belle occasion de clôturer ce projet " dans les formes ", sans compter les importants bénéfices affectifs que de telles activités permettent toujours de procurer, tant à lenseignant quaux élèves.
Il importe ici de distinguer trois objets d'évaluation bien différents : l'évaluation du produit, l'évaluation de la démarche et, finalement, l'évaluation des apprentissages.
1) LE PRODUIT
Il sagit ici deffectuer, collectivement, un retour critique sur le produit final. La qualité générale des pièces dexposition, lesthétique des présentations, lintérêt des animations, le respect du devis, la qualité de lorganisation matérielle, ainsi que le nombre et la satisfaction des visiteurs constitueront les critères les plus importants.
Et, même si lexposition est généralement un événement unique que les élèves nauront pas loccasion de répéter dans le même contexte, il est toujours important de faire verbaliser les élèves sur les améliorations qui pourraient améliorer le produit final si cétait à refaire.
2) LA DÉMARCHE
De la même façon, collectivement (cela peut se réaliser au cours de la même séance), on invitera le groupe à évaluer son fonctionnement lors des diverses étapes du projet : répartition des tâches, attribution des responsabilités, respect des engagements, qualité des prises de décision collectives, fonctionnement des diverses équipes, souci dentraide, capacité de critique constructive, débrouillardise sont les principaux aspects à évaluer et à débattre. Logique oblige, la contribution de lenseignant devrait elle aussi faire partie de cette évaluation!
3) LES APPRENTISSAGES
Lévaluation des apprentissages est évidemment conditionnée par les compétences que lenseignant aura choisir de développer à travers ce projet. Il sagira aussi bien de compétences disciplinaires (en français, en arts plastiques et en mathématique pratiquement doffice, plus dautres programmes qui peuvent être touchés par la thématique de lexposition) que des compétences prévues par le Programme : on pense ici particulièrement aux compétences transversales (exploiter linformation, réaliser des projets, utiliser efficacement les TIC, communiquer, etc.) ainsi quau domaine général de formation relié aux médias. Il appartiendra à lenseignant délaborer des grilles dévaluation en conséquence.
Nous insistons sur limportance de sassurer que chaque élève aura eu loccasion deffectuer lensemble des apprentissages prévus (les mêmes pour tout le monde) et quil sera évalué sur ses apprentissages personnels, et non sur ceux de son équipe ou de son groupe. Même si des tâches sont réalisées en équipe et si le jugement final porte sur le produit de léquipe, il faudra aussi se donner les moyens didentifier la contribution individuelle de chaque élève.