L'exposition scolaire
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L'exposition

Présentation

Le présent guide pédagogique vise à outiller des enseignants du primaire qui désireraient se lancer, avec leur groupe d’élèves, dans la réalisation d’une exposition.

Compte tenu de la diversité des modalités de réalisation possibles d’un tel projet, ce guide ne prétend pas fournir une série de scénarios d’activités "clés en mains" comme le ferait un manuel scolaire. Il vise plutôt à clarifier une problématique de base, à présenter une liste de décisions qui devront être prises par l’enseignant et son groupe dans la réalisation du projet et à proposer des pistes d’activités.

Ce projet est conçu à l’intention plus particulière des classes du deuxième cycle du primaire (3e et 4e années). Lorsqu’il sera pertinent de le faire, des suggestions d’enrichissement et d’approfondissement seront faites à l’intention des classes du 3e cycle (5e et 6e années).

L’exposition est essentiellement un projet de communication et, à ce titre, concerne d’office le programme de français. Par contre, compte tenu du choix possible de certaines thématiques et du travail de recherche qui pourra être demandé aux élèves en cours de réalisation, le projet pourra intégrer des apprentissages provenant aussi bien du Programme des programmes que de certains autres programmes disciplinaires.


Sommaire du projet

La réalisation d’une exposition est un projet de communication riche en apprentissages potentiels et une source de motivation importante pour les élèves.

Ils y trouvent en effet :

Du point de vue de l’enseignant, ce projet permet une grande souplesse dans la prise en compte du temps consacré, de l’ambition du produit final et de l’orientation du contenu et, de façon plus pratique, des ressources matérielles et techniques disponibles.

En effet, des paramètres tels que la durée de l’événement, le nombre de kiosques, les activités d’animation, la signalisation et la décoration, de même que la structure thématique de l’exposition relèvent entièrement de l’enseignant et de son groupe et permettent de moduler facilement le temps et l’énergie requis par la réalisation d’un tel projet.


Le contexte technologique

En soi, le projet n’a pas un très fort contenu technologique : une exposition pourrait parfaitement se monter sans le recours à l’ordinateur… et c’est ainsi qu’on les a montées bien avant l’arrivée des TIC dans les écoles!

Toutefois, l’ordinateur peut simplifier considérablement la tâche, et c’est dans cette perspective que nous aborderons le projet. L’apport des technologies peut être de trois ordres :


Qu'est-ce qu'une exposition?

Il n’est pas facile de déterminer où commence et où s’arrête une véritable exposition. Du simple affichage de dessins sur quelques babillards à l’exposition multimédia quasi-professionnelle, la gamme est très étendue. Nous vous proposons ci-dessous une définition d’une exposition réalisable dans le contexte d’une école primaire avec des ressources d’usage courant.

1 UN ÉVÉNEMENT

    Il existe, bien sûr, des expositions permanentes, dont on renouvelle périodiquement le contenu. Mais le cas est rare en milieu scolaire. La plupart du temps, l’exposition est une manifestation bien circonscrite dans le temps (un week-end ou quelques soirées, par exemple), qui couronne un long travail de préparation et qui fait l’objet d’annonces et d’invitations.

    Le caractère exceptionnel de cet événement entraîne un certain nombre de contraintes. Habituellement, le local où se tient l’exposition est disponible pour un temps limité; le montage de l’exposition doit donc se faire en peu de temps et il est donc d’autant plus important de le planifier soigneusement et de le coordonner rigoureusement.

    De plus, comme le succès d’une exposition repose essentiellement sur la présence de visiteurs, un tel projet comprend obligatoirement un important volet de publicité et de marketing.


2. UN ESPACE AMÉNAGÉ

    Quelques rares expositions peuvent se présenter sous forme d’un parcours à travers l’école. L’immense majorité, toutefois se concentrent dans une grande salle (gymnase, salle polyvalente, cafétéria) provisoirement détournée de sa vocation première pour la circonstance. On peut aussi utiliser deux ou trois salles de classes adjacentes, mais ce n’est pas l’idéal. Pour les fins du présent guide, nous partirons donc de l’hypothèse d’un espace unique.

    La plupart des expositions scolaires se tiennent… à l’école, ce qui est à la fois commode et normal. Mais il faut garder à l’esprit que des lieux publics (centres commerciaux, salles d’attente, etc.) peuvent aussi être utilisés. Dans ces cas, l’organisation est plus compliquée, évidemment : il faut demander des permissions, organiser des partenariats, prévoir le transport, etc.). Par contre, il est peut-être plus facile d’aller vers un public déjà existant que d’amener le public à l’école, d’une part; et, d’autre part, l’expérience d’intégrer une activité scolaire dans un lieu de la " vraie vie " peut présenter des bénéfices pédagogiques et éducatifs certains.

    Une exposition est conçue pour que des invités la visitent en circulant d’un point d’intérêt à un autre. Ces points d’intérêt prennent généralement la forme de kiosques, c’est-à-dire un espace souvent délimité par des écrans ou des panneaux, et à l’intérieur duquel on trouve habituellement une table et, parfois, des présentoirs.

    Cet espace devra être aménagé en répartissant judicieusement les kiosques et les allées pour circuler, de façon à permettre aux visiteurs de circuler facilement d’un kiosque à l’autre, et de le faire systématiquement (en s’assurant de visiter tous les kiosques et en n’étant pas forcé de rebrousser chemin).

    Un kiosque d’accueil doit être prévu à l’entrée de la salle. Selon la saison, la clientèle et les facilités disponibles dans l’école, il peut être nécessaire de prévoir une certaine logistique : vestiaire, poubelles, bancs, etc.

    Finalement, certains éléments d’exposition pourront exiger des aménagements particuliers : rallonge électrique, écran de projection, etc.

    Un tel projet ne se réalise pas sans un plan d’ensemble qui doit posséder à la fois une logique : de contenu (thématique), spatiale (le flux des visiteurs) et fonctionnelle (les ressources matérielles disponibles).

    Il sera donc essentiel de savoir, très tôt dans la réalisation du projet, dans quel local se tiendra l’exposition et de tenir compte des caractéristiques du local (superficie utilisable, éclairage, issues, etc.) en déterminant le nombre et l’emplacement des kiosques.

    Il faudra également savoir dès le début de quelles ressources matérielles on pourra disposer (meubles, panneaux, etc.) et où on pourra se les procurer (école, commission scolaire, emprunt, location, etc.).


3. UN RASSEMBLEMENT THÉMATIQUE , ORGANISÉ ET ESTHÉTIQUE D’OBJETS

Il existe, bien sûr, des expositions générales de travaux d’élèves où ces derniers, selon leurs intérêts ou leurs connaissances, présentent leurs réalisations. Mais, si l’on n’y prend garde, une telle exposition d’éléments hétéroclites risque de tenir davantage du marché aux puces ou de la vente de garage que de l’exposition.

Un bon moyen de donner de la cohérence à l’exposition est de la centrer sur une thématique, dont chaque kiosque développe un aspect. Tout le monde connaît les fameuses " Expo-sciences ", qui ont poussé très loin le concept d’exposition pédagogique. Mais il est possible d’exploiter des thématiques dans une foule de domaines : histoire (personnages, éléments de la vie quotidienne, événements, …), géographie (pays, régions, phénomènes naturels, …), arts, médias, etc.

Non seulement une thématique permet-elle un véritable travail collectif sur le plan du contenu (recherche et partage d’information, discussions collectives sur les aspects à traiter), mais elle rend aussi l’exposition plus mobilisatrice et plus facile à mettre en marché et à publiciser auprès des visiteurs potentiels. Une exposition annoncée sous le titre " Je m’occupe de ma santé " ou " Les tours de magie ", par exemple, est plus attrayante que " Exposition des travaux des élèves de l’école ".

En outre, une exposition doit donner à voir (et, parfois, donner à entendre et donner à toucher). Ce n’est pas une bibliothèque temporaire où l’écrit se taille la première place : les visiteurs n’ont que peu de temps à consacrer à chaque kiosque et n’ont que faire de livres, documents et autres " travaux de recherche ".

L’aspect visuel est donc déterminant. La matière première de l’exposition, ce sont des objets ou des représentations : maquettes, dessins, photos, schémas. Ces éléments d’exposition peuvent, selon les cas, avoir été trouvés ou collectionnés; ou, plus fréquemment, produits par les élèves.

Finalement, la disposition de ces objets devra être pensée en fonction de critères :

  • fonctionnels (le visiteur devra pouvoir les voir clairement et facilement);
  • informatifs (le visiteur devra apprendre des choses de sa visite et comprendre facilement le sens de ce qu’on lui montre);
  • esthétiques (les objets devront être mis en valeur et le coup d’œil d’ensemble d’un kiosque devra être agréable et harmonieux).

4. UNE ANIMATION

Le visiteur sera davantage intéressé par l’exposition et y consacrera plus de temps si, au lieu de simplement le faire se promener comme devant les étalages d’un magasin, on lui donne l’occasion d’interagir. Une exposition réussie devra donc intégrer des éléments d’animation.

Dans sa forme la plus simple, l’animation consistera dans les explications que les élèves pourront donner aux visiteurs et dans les réponses qu’ils pourront fournir aux questions posées. Il s’agit ici d’interactions verbales.

Dans une forme plus sophistiquée, les interactions permettront au visiteur de manipuler, d’expérimenter, de faire une simulation, de jouer un rôle, de chercher des indices, de mettre ses connaissances à l’épreuve dans un quizz…

La plupart de ces animations sont intégrées dans un kiosque donné (ou constituent l’objet de ce kiosque). Mais on peut aussi prévoir, selon un horaire annoncé et si le local s’y prête, certaines animations collectives : conférences, démonstrations, récitals, discussions, tirages, …


5. DESTINÉS À UN PUBLIC

Au-delà de sa thématique et de ses objets, une exposition est, ne l’oublions jamais, un projet de communication : visuelle, orale, écrite, graphique, multimédia. Elle est donc, comme toute communication, préparée en fonction d’un interlocuteur : ici, c’est le visiteur, dont les élèves devront avoir une préoccupation constante. Pendant sa visite, bien sûr (ce qui renvoie à des attitudes de politesse, d’accueil, d’ouverture), mais aussi et surtout pendant la phase de préparation, en se mettant mentalement à la place de ce visiteur, de façon à prévoir ses besoins et ses attentes et à lui rendre sa visite agréable et instructive.

Une exposition n’est rien sans ses visiteurs et il faut donc tenir compte du public-cible. Dans la majorité des cas, l’exposition aura lieu à l’école et les visiteurs seront principalement les élèves des autres classes et les parents. Si, au contraire, l’exposition a lieu dans un endroit public ou à l’occasion d’une manifestation publique, elle vise alors le grand public, à moins qu’elle n’ait lieu dans un contexte particulier dont il faudrait alors tenir compte (congrès, centre d’accueil, etc.).

Dans le cas le plus fréquent, celui d’une exposition à l’école, ce serait une bonne idée que de prévoir que la visite des élèves des autres classes se fasse à l’intérieur des activités scolaires. Une collaboration avec les enseignants des classes concernées permettra, par exemple, de jumeler des activités pédagogiques ou de préparer les autres élèves à la visite. Quant aux parents (qui viendront sans doute en soirée ou pendant la fin de semaine), une fois sur place, ils constituent habituellement un public sympathique et gagné d’avance. Le défi consistera à les faire se déplacer à l’école expressément pour l’exposition. Une stratégie intéressante peut consister à jumeler l’exposition avec une autre activité de l’école à leur intention (réunion, remise de bulletins, rencontres d’éducateurs, souper communautaire, etc.)


Les grandes décisions

1. LE THÈME


2. LES CONTRAINTES PRATIQUES


3. LES ÉLÉMENTS INTÉGRATEURS COLLECTIFS


4. L’ANIMATION COLLECTIVE


4. L’ORGANISATION DES TÂCHES


Une démarche

Nous vous proposons ci-dessous les grandes étapes d’une démarche qui conduira à la réalisation de votre exposition. Nous supposons, à ce stade, que les grandes décisions énumérées à la section précédente ont été prises et que vous avez donc déjà déterminé le sujet de votre exposition, sa date, son lieu, ainsi que les contraintes pratiques qu’il vous faudra respecter.

Il faut également être conscient qu’il est parfaitement possible de réaliser une exposition fort présentable sans nécessairement réaliser toutes les étapes qui suivent. Nous avons choisi, comme dans d’autres guides de la même collection, d’en énumérer plus que moins, en vous laissant le soin de retenir ce qui vous convient.

Par contre, il faut toujours garder à l’esprit, selon nous, que le but d’un tel projet n’est pas de réaliser une exposition (ça, c’est le produit fini!), mais de faire réaliser des apprentissages à l’occasion d’une exposition qui, comme tout projet en milieu scolaire, n’est qu’un prétexte à des apprentissages. Ainsi, il est parfaitement possible de réaliser une exposition sans passer par le plan à l’échelle (que nous évoquons à l’étape 4 ci-dessous); par contre, cette étape nous semble une occasion naturelle et signifiante de faire acquérir aux élèves des compétences disciplinaires en mathématique, par exemple, ou des compétences transversales relatives à la planification.


1) LES PRÉALABLES

Un tel projet ne s’annonce pas de but en blanc en classe sans une préparation soigneuse du terrain. Essentiellement, cette phase vise à réunir deux préalables :

  • la motivation des élèves à réaliser une exposition;
  • la connaissance de base des caractéristiques d’une exposition, avec les possibilités et les contraintes inhérentes à ce mode de communication.

L’idéal serait de commencer par leur en faire visiter une si le calendrier et les manifestations publiques de votre milieu permettent facilement l’organisation d’une telle sortie. Non seulement s’agit-il d’une belle activité éducative à réaliser en soi, mais, en ayant en tête votre projet de réaliser vous-même votre propre exposition avec votre groupe, vous pourrez de plus orienter la visite pour leur faire observer l’organisation et l’aménagement de l’exposition visitée tout autant que son contenu.

Au retour, lors d’une discussion collective sur la visite effectuée, il s’agira de faire dégager aux élèves, à partir de ce qu’ils auront observé, les principales caractéristiques d’une exposition, telles que nous les avons définies dans la première section du présent guide.

S’il n’est pas possible d’organiser une telle visite, il faudra se résigner à faire appel à l’expérience individuelle des élèves (visites passées de musées ou d’expositions commerciales) pour atteindre le même objectif.


2) L'ARTICULATION DU CONTENU

Une fois qu’on a choisi le thème et que l’on connaît le nombre maximal de kiosques qu’il est possible d’aménager dans la salle, l’étape suivante consiste à développer le thème en aspects, à raison d’un aspect par kiosque.

Il s’agit essentiellement d’un travail de planification, comparable à l’élaboration du plan d’un travail de recherche. Une exposition sur les Jeux Olympiques, par exemple, se subdivisera en aspects tels que l’historique des Jeux, les diverses disciplines, le dopage et les contrôles médicaux, les records, etc., etc.

Au terme de cette étape, on devrait pouvoir disposer d’une liste numérotée des divers kiosques à élaborer et assigner la préparation de chaque kiosque à une équipe d’élèves


3) LA CONCEPTION DES KIOSQUES ET LA PRODUCTION DES PIÈCES D'EXPOSITION

Avant de mettre les équipes d’élèves au travail pour concevoir leur kiosque, il est essentiel que l’enseignant leur fournisse le plan-type d’un kiosque, c’est-à-dire l’espace et les ressources matérielles qui sont à la disposition de chaque équipe, ainsi que les éléments que doit nécessairement contenir tout kiosque.

Un tel plan-type doit notamment préciser :

  • l’espace (l’aire de plancher) alloué à chaque kiosque;
  • la superficie d’affichage disponible sur les panneaux ou les paravents;
  • le mobilier disponible (généralement, une table dont on précisera les dimensions;
  • les normes d’identification (titre du kiosque, noms des participants), ainsi que les maquettes électroniques disponibles pour produire les écriteaux correspondants.

Les équipes d’élèves sont ensuite invitées à élaborer un devis de leur kiosque, c’est-à-dire un plan du contenu et de leurs besoins. Ce devis peut être, selon l’âge des élèves et les choix de l’enseignant, plus ou moins formel, allant du formulaire structuré au bilan verbal; mais il doit fournir une représentation claire de ce que sera le kiosque une fois réalisé. Un tel devis doit notamment contenir :

  • la liste des pièces d’exposition, c’est-à-dire objets, maquettes, photos, documents, affiches qu’il s’agira de produire ou de rassembler pour les présenter au public;
  • s’il y a lieu, les idées d’animation, telles que démonstrations, expérimentations, quizz, etc.;
  • les besoins en matériel (qui peuvent aller d’articles simples de papeterie jusqu’à un ordinateur, en passant par des présentoirs ou des pièces d’exposition elles-mêmes), en précisant lesquels peuvent être assumés par les élèves eux-mêmes et lesquels requièrent des ressources de la classe.

Cette phase est cruciale, car elle structurera non seulement le contenu final de l’exposition mais aussi l’essentiel du travail de élèves. Il convient d’adopter ici une approche intégralement coopérative, et de favoriser la présentation au groupe et la discussion collective des devis de chaque équipe, de façon à partager des idées, à critiquer la faisabilité de chaque kiosque et à recueillir les suggestions d’amélioration. L’enseignant, de son côté, ne devra pas être avare de sa créativité pour alimenter les différentes équipes en idées.

Avant de finaliser un devis de kiosque, les élèves devront, dans la plupart des cas, effectuer des recherches préliminaires, que ce soit pour trouver des idées ou pour mieux délimiter le sujet qu’ils ont à traiter. On pourra, pour cela, se servir des indications relatives à la recherche documentaire qui sont disponibles dans nos didacticiels de la série Recherché sur Internet.

À l’aide d’un tel devis, après approbation, chaque équipe d’élèves devrait disposer d’une représentation claire et opérationnelle de ce qu’elle doit produire pour réaliser son kiosque. Il faut ensuite prévoir une période assez longue pour que les élèves produisent effectivement leur matériel. Il importe aussi de fixer un échéancier de production et une date de tombée où le matériel de chaque kiosque aura effectivement été produit.


4) LE PLAN D'ENSEMBLE DE L'EXPOSITION

Parallèlement à ce travail d’équipes, une vaste opération collective est à mener : l’aménagement global de l’exposition. Comme le montage d’une exposition est, essentiellement, une activité d’organisation de l’espace, il y a là une belle occasion d’intégrer à cette phase de nombreux apprentissages relevant de la mathématique et, particulièrement, du mesurage.

Le produit final visé au cours de cette étape est un plan à l’échelle de la salle d’exposition, sur lequel on devra retrouver la représentation de chacun des kiosques.

Il appartient à l’enseignant, compte tenu de l’âge des élèves, de déterminer si les aspects techniques de la production de ce plan (mesurage, respect de l’échelle, etc.) doivent être assumés par lui ou si les élèves peuvent y être impliqués. De même, compte tenu des ressources technologiques disponibles et de son degré de familiarité avec les technologies, il lui appartiendra de décider si ce plan sera produit à l’aide d’un éditeur graphique ou si on recourra, au contraire, à des moyens plus traditionnels, tels règle graduée, crayons-feutre et papier à construction. L’important, c’est de pouvoir disposer d’une représentation graphique à l’échelle de la salle sur laquelle on pourra déplacer les éléments mobiles (à l’échelle eux aussi) tels que les kiosques.

Même si l’enseignant décide de se réserver l’essentiel de ce travail (et c’est ce que nous suggérons, au moins pour les deux premiers cycles du primaire), une étape collective est incontournable : l’aménagement global de l’exposition.

Au cours d’une discussion collective, l’enseignant devra faire découvrir à ses élèves les principaux critères d’aménagement; parmi ceux-ci, mentionnons :

  • les nécessités fonctionnelles de circulation des visiteurs (accueil, aires de rassemblement, allées de circulation, etc.);
  • la logique du contenu (répartition des sections de la salle en fonction des aspects de la thématique, décision de laisser les visiteurs libres de circuler à leur guise ou de leur imposer un parcours séquentiel, etc.)
  • l’équilibre dans la mise en valeur des divers kiosques : on devra viser à ce que, dans la mesure du possible, tous les kiosques aient des chances comparables d’attirer des visiteurs, en évitant la création d’espace privilégiés ou de kiosques-vedettes.

C’est également lors de cette phase qu’il faudra déterminer quels éléments collectifs sont à produire. Il s’agit notamment :

  • du plan et, éventuellement, du prospectus de l’exposition à remettre à chaque visiteur lors de son arrivée;
  • des éléments de signalisation qui permettront aux visiteurs de se repérer et de circuler facilement : numéros d’identification des kiosques; flèches indiquant le sens de la circulation; signalisation, s’il y a lieu, d’activités ou de services (toilettes, comptoir de rafraîchissements, vestiaire, etc.); horaire de certaines manifestations, etc., etc.
  • s’il y a lieu, des éléments publicitaires ou décoratifs tels qu’affiches, macarons, banderolles, etc.

Il faut ensuite procéder à la répartition des tâches qui découlent de ce plan d’ensemble et les inscrire dans l’échéancier de production global.


5) LA PUBLICITÉ

Dans les semaines précédant l’événement, le public potentiel de l’exposition (et particulièrement les parents de l’école) devront être informés de cette manifestation et recevoir une invitation. Selon l’ampleur de l’exposition, la stratégie publicitaire pourra inclure un ou plusieurs des éléments suivants :

  • lettre d’invitation aux parents;
  • invitation personnelle de certains commanditaires ou membres en vue de la communauté (maire, député, curé, journaliste local, etc.);
  • tournée des autres classes de l’école;
  • communiqué au journal local;
  • pose d’affiches (avec permission, bien sûr!) dans certains endroits publics (centre commercial, caisse populaire, église, commission scolaire, etc.);

Des apprentissages significatifs pourront être réalisés à l’occasion de cette étape, particulièrement en matière de communication écrite et d’éducation aux médias.


6) LE MONTAGE

En général, on ne dispose de la salle que peu de temps avant l’événement proprement dit : parfois la veille et souvent seulement le matin même. Il faut donc soigneusement planifier l’opération, puisque, la plupart du temps, l’ensemble de l’exposition devra être monté en quelques heures à peine.

L’enseignant se sera préalablement assuré (avec le concierge, généralement) de la disponibilité sur les lieux de tous les éléments de mobilier, et particulièrement des panneaux, des paravents et des tables. Il en va de même (cette fois avec un technicien, vraisemblablement) si l’exposition nécessite des installations électriques ou technologiques particulières (rallonges électriques, ordinateurs, système de son, projecteur, etc.). Ces aspects ne devraient pas être confiés à des élèves. Si cela dépasse le temps physique dont dispose l’enseignant, on peut faire appel à l’aide de parents bénévoles.

Si l’école dispose d’un local pouvant servir, quelques jours auparavant, au stockage des divers éléments d’exposition qui composeront les kiosques, il faudra demander aux élèves de livrer leur matériel d’avance, de façon à s’assurer que tout soit sur place le jour du montage. Il sera ainsi facile, avant les grandes manœuvres, d’effectuer une dernière vérification et de pallier à certains imprévus de dernière minute.

Il est aussi nécessaire de préparer, en prévision du " grand jour ", une trousse du " parfait petit installateur " : outils (marteau, tournevis, pinces, ciseaux, tranche, X-Acto, agrafeuses, etc.) ainsi que du matériel de nécessité courante : ruban adhésif, punaises, nappes de papier, crayons feutre, etc., etc. Prévoir aussi (on n’y pense pas nécessairement) une trousse de premiers soins : un travail manuel comme celui-là peut facilement causer écorchures, coupures et autres blessures mineures.

L’enseignant sera également bien inspiré de se constituer une liste de vérification, qu’il pourra cocher au fur et à mesure que les opérations seront effectuées.

Le moment du montage venu, il faut, avant d’emmener les élèves à la salle d’exposition, tenir un " briefing " en bonne et due forme et leur donner des consignes précises et fermes concernant :

  • les tâches que chaque équipe doit assurer : le montage de leur kiosque, bien sûr, mais aussi leur participation à certains tâches collectives;
  • l’horaire qu’il s’agit de respecter, tant pour le montage des kiosques individuels que pour les tâches collectives;
  • la sécurité , tant dans les déplacements que dans l’utilisation des outils et des appareils;
  • le respect du matériel et du local, particulièrement au chapitre de la propreté.

Une fois que tous les éléments de l’exposition seront en place, vous ne serez qu’à quelques heures de l’ouverture officielle de l’exposition. Il vous restera à :

  • procéder à une ultime inspection de tous les kiosques et, à l’aide de votre liste de vérification, vous assurer que tout est prêt;
  • organiser une corvée de nettoyage pour que la salle soit propre et accueillante;
  • tenir un ultime " briefing " avec votre groupe et passer vos consignes pour le déroulement de l’exposition, et notamment celles concernant :
    • les heures de présence à leur kiosque;
    • les tours de garde et la répartition de certaines tâches collectives (accueil des visiteurs, distribution des prospectus, etc);
    • s’il y a lieu, l’horaire de certaines activités spéciales au cours de l’exposition;
    • l’attitude à avoir envers les visiteurs : au premier titre la politesse, bien sûr, mais aussi l’ouverture, la bonne humeur et la disponibilité.

7) L'ÉVÉNEMENT

On donnera à l’exposition un caractère officiel (et très motivant pour les élèves) en prévoyant une brève cérémonie d’ouverture. Un petit discours d’encouragement prononcé par le direction de l’école ou le président du conseil d’établissement ou un invité de marque, avec peut-être un couper de ruban inaugural, suffira à marquer formellement le début de la manifestation et lui donnera, dans l’esprit des élèves, un caractère de sérieux qui les motivera à donner le meilleur d’eux-mêmes pour la réussite du projet.

Il appartiendra à l’enseignant de déterminer s’il veut injecter dans le projet une dose de compétition de bon aloi. On peut par exemple demander aux visiteurs de remplir un bulletin de vote pour le meilleur kiosque ou constituer à cette fin un jury d’éducateurs ou d’invités spéciaux. Dans ce cas, une cérémonie de clôture et de remise des prix pourra constituer le couronnement de l’événement. Il importe toutefois que cette dimension compétitive ne soit qu’un moyen d’agrémenter l’événement et n’en constitue pas la motivation principale. Là comme ailleurs, il faudra aussi reconnaître non seulement la performance, mais aussi des qualités sociales comme l’esprit d’équipe, le souci de service, la débrouillardise.

L’exposition peut alors suivre son cours. Le déroulement de l’exposition dépend trop étroitement du thème, de l’âge des élèves, de l’ampleur du projet et de son organisation générale pour qu’il soit ici possible de détailler un déroulement-type. Nous vous mentionnons cependant certains aspects généraux à surveiller, valables pour toute exposition :

  • Idéalement, efforcez-vous d’assurer une présence constante tout au long de l’événement. Soyez le premier à pénétrer dans la salle et le dernier à la quitter. S’il vous est impossible d’être là en permanence, veillez à vous faire remplacer par un adulte digne de confiance, préférablement un collègue de l’école. D’ailleurs, il serait prudent d’avoir toujours au moins deux adultes sur place : si l’un d’eux est requis par un imprévu ou une situation d’urgence (par exemple pour reconduire chez lui un élève malade), l’autre pourra assurer la permanence.
  • Assurez une présence active. Circulez constamment d’un kiosque à l’autre, encouragez vos élèves et soyez facilement accessible pour les dépanner.
  • Ne parlons pas de malheur, mais ayez toujours une préoccupation de sécurité. Assurez-vous que les issues sont toujours libres au cas où une évacuation d’urgence serait nécessaire. Voyez à ce que les installations soient solidement fixées, que les rallonges électriques soient collées au plancher, que les renversements de liquides soient promptement épongés, etc., etc. De même, assurez-vous que, entre les séances ouvertes au public, le local soit fermé à clé et mettez sous clé les objets de valeur (les appareils électroniques, particulièrement). Si une activité de financement sur place entraîne de la manipulation d’argent, instaurez des mécanismes de contrôle serrés et faites régulièrement la cueillette des recettes.
  • Vous voudrez sans doute (et vos élèves aussi bien , probablement) conserver des souvenirs de cet événement. Prévoyez donc la prise de photos ou le tournage de quelques séquences vidéo : il sera trop tard pour regretter, le lendemain de l’événement, de ne pas y avoir pensé. Vous pourrez discuter ensuite avec vos élèves des moyens de rendre accessibles ces souvenirs. De même, le jumelage de cette activité avec un reportage du journal scolaire ou du site Web de l’école peut assurer à l’événement une diffusion intéressante. Pensez aussi, si vous entendez organiser de telles expositions sur une base annuelle, qu’il peut y avoir là matière à inspirer vos futurs élèves et à leur donner des exemples concrets d’une exposition réussie.

8) LE DÉMONTAGE

Le démontage de l’exposition devra être planifié aussi soigneusement que l’avait été son montage, et tous les élèves devront y participer, selon une répartition de tâches équitable et rigoureuse.

Il faudra sans doute s’assurer la collaboration du concierge (et parfois, dans le cas d’installations technologiques, d’un technicien) pour récupérer, transporter en entreposer tout le matériel appartenant à l’école : mobilier, équipement électronique, etc. Par ailleurs, tout le matériel emprunté à des individus ou à des organismes extérieurs devra être mis en lieu sûr et des dispositions devront être prévues pour sa récupération par le propriétaire.

Les productions des élèves leur appartiennent, mais ils en sont responsables. Ils doivent déterminer, l’exposition terminée, ce qu’ils veulent rapporter à la maison et ce dont ils entendent se départir. Et prévoyez des sacs-poubelles et des bacs de récupération en grande quantité!

Quant au matériel collectif produit pour l’exposition, il vous appartient de faire le tri entre ce qui peut être réutilisable (et qui devra donc être entreposé pour utilisation future) et ce dont on doit disposer.

Il faut veiller à ce que la salle soit laissé dans un état impeccable et un nettoyage en règle s’impose : décrochage des affiches, élimination des traces de ruban adhésif, ramassage des déchets, balayage du plancher.

Si des affiches ont été placardées, à des fins publicitaires, dans d’autres lieux que la salle (et particulièrement dans des endroits publics), il faut prévoir aller les faire décrocher dans les jours qui suivent; c’est la moindre des politesses pour ceux qui vous ont prêté leurs murs!

Finalement, tout dépendant du moment et de l’heure de la fin du démontage, il peut être de bon ton de prévoir une brève activité de " debriefing " et de célébration avec votre groupe d’élèves. Le retour éducatif et pédagogique sur l’activité pourra se faire en classe les jours suivants; mais un petit mot de félicitations et de remerciement de votre part, assorti peut-être d’une petite collation, constituera une belle occasion de clôturer ce projet " dans les formes ", sans compter les importants bénéfices affectifs que de telles activités permettent toujours de procurer, tant à l’enseignant qu’aux élèves.


L'évaluation

Il importe ici de distinguer trois objets d'évaluation bien différents : l'évaluation du produit, l'évaluation de la démarche et, finalement, l'évaluation des apprentissages.

1) LE PRODUIT

Il s’agit ici d’effectuer, collectivement, un retour critique sur le produit final. La qualité générale des pièces d’exposition, l’esthétique des présentations, l’intérêt des animations, le respect du devis, la qualité de l’organisation matérielle, ainsi que le nombre et la satisfaction des visiteurs constitueront les critères les plus importants.

Et, même si l’exposition est généralement un événement unique que les élèves n’auront pas l’occasion de répéter dans le même contexte, il est toujours important de faire verbaliser les élèves sur les améliorations qui pourraient améliorer le produit final si c’était à refaire.

2) LA DÉMARCHE

De la même façon, collectivement (cela peut se réaliser au cours de la même séance), on invitera le groupe à évaluer son fonctionnement lors des diverses étapes du projet : répartition des tâches, attribution des responsabilités, respect des engagements, qualité des prises de décision collectives, fonctionnement des diverses équipes, souci d’entraide, capacité de critique constructive, débrouillardise sont les principaux aspects à évaluer et à débattre. Logique oblige, la contribution de l’enseignant devrait elle aussi faire partie de cette évaluation!

3) LES APPRENTISSAGES

L’évaluation des apprentissages est évidemment conditionnée par les compétences que l’enseignant aura choisir de développer à travers ce projet. Il s’agira aussi bien de compétences disciplinaires (en français, en arts plastiques et en mathématique pratiquement d’office, plus d’autres programmes qui peuvent être touchés par la thématique de l’exposition) que des compétences prévues par le Programme : on pense ici particulièrement aux compétences transversales (exploiter l’information, réaliser des projets, utiliser efficacement les TIC, communiquer, etc.) ainsi qu’au domaine général de formation relié aux médias. Il appartiendra à l’enseignant d’élaborer des grilles d’évaluation en conséquence.

Nous insistons sur l’importance de s’assurer que chaque élève aura eu l’occasion d’effectuer l’ensemble des apprentissages prévus (les mêmes pour tout le monde) et qu’il sera évalué sur ses apprentissages personnels, et non sur ceux de son équipe ou de son groupe. Même si des tâches sont réalisées en équipe et si le jugement final porte sur le produit de l’équipe, il faudra aussi se donner les moyens d’identifier la contribution individuelle de chaque élève.